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Dinosaures et VFX, une histoire d’amour de Jurassic Park à La Fin d’Oak Street

jurassic park copyright universal pictures

3DVF.com pour l'ESMA

8 minutes de lecture

D’aussi loin que l’on se souvienne, les dinosaures ont toujours eu leur place sur le grand écran. Depuis Le monde perdu et King Kong, films précurseurs en matière d’effets spéciaux, jusqu’au tout récent La fin d’Oak Street de David Robert Mitchell, force est de constater que les lézards terribles fascinent toujours autant.

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Steven Spielberg et les équipes d’Industrial Light & Magic (ILM) n’y sont bien entendu pas étrangers. Avec Jurassic Park, qui souffle cette année ses 33 bougies, le cinéaste et le studio ont révolutionné la manière de représenter les dinosaures à l’écran. En créant au passage l’une des franchises les plus lucratives du 21e siècle. 


Ce succès n’aurait sans doute jamais été atteint sans la qualité technique et artistique des équipes 3D qui ont redonné vie à ces créatures éteintes depuis des millions d’années. 

Mais au-delà de Jurassic Park, séries et films ont fait la part belle aux sauriens durant les trois dernières décennies. 

Sans juger de la qualité scénaristique de ces productions, elles ont toutes marqué les esprits par leur utilisation de la technologie 3D la plus avancée de l’époque. 

Retour sur ces productions, et sur les studios et artistes qui leur ont permis de dominer le monde de l’entertainment.

Jurassic Park, aux origines de la hype 

Sorti en 1993, le film redonne ses lettres de noblesse aux dinosaures grâce à une réalisation impressionnante, un scénario porteur, et des effets spéciaux mélangeant animatronics de pointe et 3D époustouflante. 

C’est à Industrial Light & Magic qu’on doit ses effets. Car alors que Steven Spielberg avait commencé à développer son film en mélangeant animatronics signés Stan Winston (responsables des effets pratiques dans Terminator notamment) et stop motion, c’est finalement vers les effets numériques que le cinéaste va se tourner pour les scènes en plan large de son long métrage. 

jurassic park copyright universal pictures
Jurassic Park © Universal Pictures

C’est Dennis Muren, tout auréolé de Terminator 2 pour lequel il a été responsable des effets de métal liquide sur le T-1000, qui convainc Spielberg de faire ce choix. 

À partir de là, les équipes de vfx se plongent dans la réalisation de rigs 3D réalistes à partir de maquettes construites par le génie des marionnettes Phil Tippett, tout en effectuant de nombreuses recherches sur la texture des dinosaures, en concertation avec les équipes d’effets pratiques. 

Le résultat est celui qu’on connaît. Un film déjà trentenaire, et qui pourtant reste aujourd’hui l’un des plus impressionnants films de dinosaures de l’histoire du cinéma. 

Depuis, les productions mettant en scène les lézards terribles ont été nombreuses, qu’il s’agisse de suites de la franchise ou de récits bien distincts. 

C’est d’ailleurs la sortie de Jurassic Park qui inspirera Tim Haines, producteur de documentaires pour la BBC, à développer l’un des projets les plus ambitieux des années 1990 en termes d’effets spéciaux, cette fois pour la télévision.

Dinosaures en séries

Du côté du petit écran, les dinosaures ont également eu leurs heures de gloire dans les années 1990. Et plus précisément grâce à la BBC, et l’un de ses projets phares: Sur la terre des dinosaures.

Narrée par l’acteur André Dussollier en France (Kenneth Branagh au Royaume-Uni), Sur la terre des dinosaures est une mini-série de six épisodes diffusée pour la première fois en 1999 sur la BBC. Alors producteur de documentaires scientifiques pour la chaîne anglaise, Tim Haines est profondément marqué par Jurassic Park. Il prendra même contact avec ILM pour évoquer son projet un peu fou: ramener à la vie les dinosaures grâce à l’animation 3D, dans un documentaire animalier précurseur. 

Problème: ILM aurait demandé, selon Haines lui-même, environ 10.000 dollars par seconde où les dinosaures apparaissent à l’écran. Un budget impossible à tenir pour le producteur et sa série de six fois 30 minutes… 

C’est finalement le studio anglais Framestore qui reprendra à sa charge le projet. Avec Haines, Mike Milne (alors directeur des studios) fait preuve d’inventivité en mélangeant animatronics et animation 3D, tout en limitant les plans larges et en construisant des récits où il fait se répéter les animations de manière fluide. 

Avec une quinzaine de designers seulement, ils scannent des modèles d’argile construits à l’aide d’artistes et de paléontologues, modèles qui seront ensuite animés image par image dans le logiciel Softimage. Au total, c’est plus de quarante créatures préhistoriques que les équipes de Framestore ont ramené à la vie, après plus d’un an et demi de production.  

Une production dont le coût reste malgré tout très important. Plus de 43.000€ la minute! À sa sortie, la série devient instantanément la série documentaire la plus chère de l’histoire (7,1 millions d’euros). Un record qu’elle détient toujours aujourd’hui. 

Quand Disney s’attaque aux dinosaures 

Avant Le voyage d’Arlo des studios Pixar, Disney s’est attaqué à la mise en images des dinosaures avec le méconnu Dinosaure, sorti en 2000. Si ce film ne vous dit rien, ce n’est pas étonnant. Malgré un succès relatif au box-office, le film ne réussit pas à convaincre pleinement la critique, et sera rapidement oublié. 

dinosaure 2000
Dinosaure © 2000 Walt Disney Studio

Pourtant, la qualité de son animation numérique, et son look unique, en font un film très important dans l’histoire des dinosaures en 3D sur grand écran. 

Saviez-vous d’ailleurs que Phil Tippett, avant de travailler sur Jurassic Park, avait fait partie du développement de ce projet? 

C’est à travers l’acquisition du studio Dream Quest Images (doublement oscarisé pour les effets spéciaux de The Abyss et Total Recall) que Disney acquiert les capacités de développer ce premier long métrage entièrement en animation 3D et prises de vues réelles.

Un défi relevé par 48 animateurs, supervisé par David Krentz. Au travers de dessins de personnages réalisés sur papier puis numérisés dans le logiciel PowerAnimator, les artistes modeling ont pu créer des dinosaures réalistes, avant que ceux-ci ne soient animés et transposés dans des logiciels développés pour l’occasion.

“Fur Tool”, un soft de grooming, permit ainsi à Disney de donner une texture aux lémuriens, tandis que “Body Builder” servit à créer la texture et le look unique des dinosaures. Enfin, Alias Maya (l’ancêtre de Maya) fut utilisé pour synchroniser les mouvements de bouche, et l’animation faciale des personnages. 

Un véritable succès en termes d’animation 3D, qui inspirera des générations d’artistes et aidera Disney à réaliser sa transition vers un pipeline d’animation orienté vers la 3D.

Et depuis? 

i depuis le tournant des années 2000, les productions mettant en scène des dinosaures à l’écran sont plus nombreuses, c’est aussi grâce à l’évolution des techniques d’animation 3D. 

Grâce à des logiciels et du matériel de plus en plus puissant, les artistes derrière la saga Jurassic World ont pu donner une nouvelle dimension à cette franchise.

Dans ce domaine, ILM est d’ailleurs resté maître dans l’art de ramener les dinosaures à la vie. C’est ce studio, accompagné du studio Image Engine, qu’on retrouve derrière Jurassic World en 2015, et qui continue aujourd’hui (avec d’autres acteurs importants du secteur comme DNEG) à tenir les rênes de ces monstres toujours plus impressionnants. 

En parallèle, d’autres séries documentaires ont également vu le jour. Tout récemment, on a pu découvrir The Dinosaurs sur Netflix, sur laquelle plusieurs anciens étudiants en animation 3D et effets spéciaux de l’ESMA ont d’ailleurs travaillé.

Enfin, cet été a vu deux autres films de dinosaures partir à la conquête du grand écran. 

D’une part, La fin d’Oak Street, signé David Robert Mitchell, met en scène une famille américain classique aux prises avec un paradoxe temporel qui les renvoie au cœur de la préhistoire. Un long-métrage aux dinosaures impressionnants avec un vrai travail sur le grooming et la texture (signé, à nouveau, par ILM) qui fait tout le sel de ces sauriens sauce 2026.

Et d’autre part, dans un tout autre registre… la Pat Patrouille: Mission Dino, et ses attendrissants toutous. Pour ce film tout en animation 3D, c’est Mikros Animation (et plus précisément ses studios de Paris et Montréal) qui ont été mis à la tâche par Spin Master, la compagnie détentrice de la licence Pat Patrouille. Avec, ici aussi, bon nombre d’artistes diplômés de l’ESMA au générique!

Et vous, quels sont les films de dinosaures en animation 3D qui vous ont marqué?

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La fin d'Oak Street ©Warner Bros. Pictures