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Dans les coulisses de la saga Mandalorian, entre technologie de pointe, réalisation soignée et personnages iconiques

©walt disney pictures copie

3DVF.com pour l'ESMA

7 minutes de lecture

Alors qu’en trois trilogies, la franchise Star Wars a parfois peiné à offrir des visages forts et des personnages iconiques, comment un homme masqué a-t-il pu devenir la nouvelle icône de cette franchise bientôt cinquantenaire?

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C’est pourtant grâce à The Mandalorian, série Disney+ sortie en 2019 et qui compte aujourd’hui trois saisons, plusieurs spin-offs et désormais un long métrage de cinéma, que Lucasfilm et Disney ont réussi à dépoussiérer l’un de leurs univers les plus forts, tout en faisant oublier la pathétique conclusion de leur dernière trilogie de cinéma. 

Du petit au grand écran, il n’y a qu’un pas? C’est en tout cas celui qu’a réussi à franchir Din Djarin et son enfant adoptif Grogu, alias Bébé Yoda, porté par une communauté convaincue et une qualité tant visuelle que scénaristique qui s’est maintenue pendant trois saisons déjà.

Avec la sortie de Mandalorian & Grogu, il nous a semblé être le moment de revenir sur ce duo qui a fait le renouveau d’un univers, et d’aller à la rencontre des personnes qui ont porté ce nouvel élan d’abord en série, et aujourd’hui au cinéma.

affiche the mandalorian & grogu
Portrait de Camille Turon, Motion Editor Animator chez Wētā FX

Une tout première série née dans l’écurie Disney

C’est à Jon Favreau, acteur, producteur et réalisateur phare du MCU, que l’on doit cette première série en prises de vues réelles développée dans l’univers de Star Wars. Georges Lucas lui-même avait, en 2009, un projet similaire. Mais celui-ci, trop coûteux, a été abandonné. 

C’est avec le rachat de Lucasfilm par Disney, et le développement de la plateforme Disney+ que la série a pu voir le jour. Écrite et menée par Jon Favreau, à qui l’on doit notamment Iron Man, Iron Man 2 mais aussi Elf, Zathura ou encore les récents remakes du Livre de la Jungle et du Roi Lion, la série The Mandalorian se distingue d’emblée par cette patte entre comédie et action, portée par un héros à la fois cynique et charismatique. 

Avez-vous déjà fait le parallèle entre Tony Stark et Din Djarin? La ressemblance scénaristique est assez frappante, même si les deux personnages semblent aux antipodes l’un de l’autre…Toujours est-il que, en une seule saison, la série a réussi à se tailler une place royale dans l’univers de Star Wars et dans le cœur des fans du monde entier. Et ce n’est pas uniquement grâce au charisme de Pedro Pascal et à la mignonitude irrésistible de Grogu: The Mandalorian est une série innovante à plus d’un titre.

Une réalisation soignée, fruit de perspectives multiples

Alors qu’on avait régulièrement reproché à Star Wars de n’être scénarisé et mis en scène que par des réalisateurs blancs, la productrice Kathleen Kennedy a souligné dès les premières annonces autour du projet que les équipes d’écriture et de réalisation seraient d’origines et de genres multiples, afin d’élargir les perspectives de schémas narratifs de la série. 

Si Jon Favreau a finalement scénarisé plusieurs épisodes de la saison 1 et réalisé un certain nombre d’épisodes des saisons 2 et 3, on compte notamment parmi les réalisateurs de la série Deborah Chow, Peter Ramsey (co-réalisateur du premier Spider-Verse), Bryce Dallas Howard (actrice, mais aussi réalisatrice de talent), Robert Rodriguez, Rachel Morrison ou encore l’inépuisable Taika Waititi. Favreau, quant à lui, réalise le long métrage Mandalorian & Grogu, quatrième saison de la série devenue film de cinéma.

Maestro, musique!

Au-delà de son casting, de ses équipes de réalisation et de cette production virtuelle de haut niveau, il faut également souligner l’importance de la musique de l’univers The Mandalorian. Signée par Ludwig Goransson, l’un des compositeurs les plus en vogue à Hollywood et qui vient de remporter un nouvel Oscar pour Sinners de Ryan Coogler, elle est à la fois baignée de l’ADN Star Wars et profondément singulière. 

Mais la vraie force de ce Mandalorian est une technologie qui est également au coeur de ce nouvel opus, et qui a permis non seulement de créer des atmosphères uniques, mais aussi à donner vie à l’un des personnages les plus emblématiques de l’univers Star Wars.

Une “production value” impressionnante

Comment The Mandalorian a-t-elle réussi à s’imposer dans les esprits, en nous emmenant d’une planète à l’autre dans des décors fantastiques et des ambiances multiples? 

Contrairement aux blockbusters de cinéma tels Avatar, ou aux séries aux budgets faramineux comme Les Anneaux de Pouvoir ou Game of Thrones, les équipes de Disney, Lucasfilm et ILM ont rusé pour diminuer les coûts de production de leur projet, tout en offrant une véritable expérience Star Wars à leur public. 

Le secret de cette réussite? la technologie StageCraft, inventée par ILM et devenue depuis un des standard de l’industrie. 

StageCraft, si vous n’en avez jamais entendu parler, est en fait une technologie de production virtuelle basée sur des écrans LED géants, sur lesquels sont projetées en direct des environnements numériques qui servent de décors ultra-réalistes aux acteurs et équipes de film. 

Comme relayé par The Verge en février 2020, cette réussite est également le fruit d’une collaboration réussie entre ILM et Epic Games, dont le moteur Unreal Engine a été utilisé pour créer l’ensemble de ces environnements numériques. 

Vaisseaux spatiaux, motos numériques, soleil(s) couchant(s) ou encore créatures diverses et variées, autant d’éléments qui ont ainsi pu être intégrés directement aux plans, permettant de reproduire des décors réels et de les améliorer sans devoir déplacer des équipes entières à l’autre bout du monde. 

Enfin, la lumière et les ombres projetées par cet éclairage numérique ont aussi un effet bénéfique sur les décors réels présents en avant-plan, ce qui évite de devoir recréer un soleil fictif en post-production, ou d’ajouter de nombreux points d’éclairage en compositing.

Autre avantage indéniable de cette production virtuelle: les acteurs qui jouent et interagissent avec ces mondes imaginaires sont eux-mêmes bien plus convaincus par l’environnement dans lequel ils évoluent, à l’inverse d’un fond vert classique bien moins immersif. 

Ajoutez à cela le charisme silencieux de Pedro Pascal, et vous obtenez un redoutable cocktail, addictif à souhait.

Aux origines du mythe: la création de Grogu alias Bébé Yoda

La (très) grande surprise de Disney fut malgré tout l’engouement stratosphérique suscité par la créature surnommée “L’Enfant”, mais très rapidement rebaptisée “Bébé Yoda” par la communauté des internets. Grogu, de son vrai nom, est à la fois une marionnette construite par les studios Legacy Effects et un personnage 3D développé par ILM, sorte de doublure numérique de l’attendrissante créature utilisée pour certains plans larges, comme le raconte le CG Supervisor Richard Bluff. En toute transparence, celui-ci confiait même au Hollywood Reporter que l’équipe elle-même est rapidement tombée sous le charme de cette marionnette, qui nécessitait pourtant parfois plus de cinq personnes pour la manipuler et lui donner vie. 

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la production virtuelle de la première saison du Mandalorian, rendez-vous ici. Vous pouvez également découvrir les coulisses de production du Mandalorian et Grogu dans de nombreuses featurettes, comme celle-ci.