Sauf que ce bouc n’est en fait que le fou du quartier, affublé d’un ridicule peignoir que ses rêves de grandeur transforment en trench coat digne des plus renommés détectives privés.
Se propulsant lui-même dans une quête délirante pour résoudre ce pseudo assassinat, Gallimard va mettre le voisinage sens dessus dessous.
Une odyssée jubilatoire, menée au rythme d’une alternance délicieuse entre fiction fantasmée et réalité bien loufoque.
Monté sur une idée de Thomas Soulé par Alexi Azibert, Valentin Asensi, Fanny Devret, Ariana Da Cunha Oliveira, Lena Milla Duffaut, Hadrien Clément, Clara Cledes, Karina Estanol et Thomas Soulé lui-même, Inspecteur Gallimard est un court métrage de fin d’études ESMA Montpellier, signé par ces neuf étudiants de la promo 2024.
Sur une musique d’Antoine Galvani et un son de José Vicente, le film bénéficie d’un casting cinq étoiles avec les voix de Véronique Augereau (Marge Simpson), d’Emmanuel Curtil (qui double notamment Jim Carrey), de Serge Faliu (doubleur d’Adam Sandler) ou encore d’Alexis Tomassian (doubleur de Justin Timberlake mais aussi voix de Martin Mystère).

Une joyeuse bande qui s’en donne à coeur joie, dans un film frénétique applaudi par le public et sélectionné au TAF Thessaloniki Animation Festival, qui risque bien de vous rendre chèvre.
Comment l’équipe a-t-elle réussi à produire ce tour de force en à peine un an? C’est ce que nous vous proposons de découvrir ici.
De l’idée au récit, un chemin semé d’embûches
Si l’idée d’une comédie basée sur le décalage entre la vision fantasmée d’un personnage s’imaginant dans un film noir et une réalité des plus banales a de quoi faire sourire, transcrire ce concept en court métrage d’animation 3D de plus de six minutes n’a rien d’une sinécure.

Sur cette idée amenée par Thomas Soulé, l’équipe a procédé à de nombreuses réécritures pour affiner le développement de cette trame narrative complexe, tout en dessinant des personnages à base d’archétypes mais néanmoins tous marquants. De longues recherches, qui ont permis aux concept artists et aux sculpteurs de créer un line up loufoque, dans le décor facilement reconnaissable des rues new yorkaises.
En s’appuyant sur des clichés du genres tel que la voix off, une ambiance pesante et sombre de nuit sordide, et sur de la musique jazz, l’équipe a renforcé l’opposition de ce fantasme avec la réalité très crue, dure, façon lendemain de veille d’un New York du quotidien, sans glamour.
Pour un résultat croustillant.

Développer des animaux iconiques
“Pour moi”, se souvient Alexi Azibert, “c’était très intéressant de pouvoir jouer sur la dualité des personnages, à la fois en termes de ton et d’animation.”
Gallimard, un bouc à la fois inspecteur et fou du quartier, a dès le début occupé toute l’attention de l’équipe. “Son sculpt était très important, étant le personnage principal. Il fallait qu’on comprenne d’emblée qu’il était à la fois badass, avec son long manteau de détective, et ridicule dans son peignoir négligé.”
Au-delà de cette dualité, son groom (la gestion de ses poils) a également amené plusieurs contraintes à l’équipe, car cet aspect du personnage influait tant sur le lighting que sur les délais de rendu, de création et de simulation de ce protagoniste complexe.
Pour Pipa la chauve-souris comme pour Léon le caméléon et pour les cochons, c’est le rigging qui a été le plus challengeant pour l’équipe, du fait de leurs morphologies spécifiques.
“Pour Léon, ses extrémités nous ont donné du fil à retordre, mais également sa bouche lorsque nous avons intégré le lipsync.
A ce niveau, les textures s’étiraient et nous avons dû trouver des solutions à ce problème que nous n’avions pas forcément anticipé.”
Enfin, c’est au niveau des textures (nécessaires pour les gros plan sur la peau) que Spike le crocodile a donné des sueurs froides à l’équipe. D’autant plus que, tout comme pour l’ensemble des personnages, il fallait dupliquer tant les tenues que les textures pour s’adapter aux deux tons du film. De quoi en perdre son lapin.
Une équipe qui s’est mis la barre très haut
“La complexité de notre film”, se souvient Hadrien Clément, “ça a vraiment été de créer deux mondes différents tout en restant dans les limites de nos contraintes techniques, avec des animaux complexes.” Deux univers, cinq animaux anthropomorphes, un court-métrage dialogué au rythme rapide, autant dire qu’Inspecteur Gallimard était un projet ambitieux.
“Nous avons dû créer quatre environnements pour les différentes séquences du film, dont trois ont été doublés pour matcher la dualité de nos univers”, se souvient l’équipe.
Un challenge, mais que ces étudiants ont abordé avec pragmatisme et méthode, tout en s’appuyant sur les solides compétences techniques apprises durant leur formation à l’ESMA.

Le travail d’équipe comme clé de la réussite
“Le plus gros challenge consistait pour nous à apprendre à travailler dans une équipe de grande envergure, sur un temps plus long”, se souvient Karina Estanol. “Nous avons fait de nombreuses réunions, et grâce à une bonne communication et à un état d’esprit orienté vers le collectif, nous avons réussi à mener ce projet à bien tout en surmontant toutes les problématiques diverses et variées que nous avons rencontrées durant la production.” Avec, au bout du compte, un résultat dont ces étudiantes et étudiants n’ont pas à rougir.
Inspecteur Gallimard est un condensé d’humour, avec un travail poussé sur l’éclairage et la mise en scène, et qui réussit le pari de son double univers. “On a aussi eu la chance d’avoir un super compositeur”, souligne Lena Milla Duffaut, “un artiste qui a tout à fait compris l’esprit de notre film”.
Un esprit bien dans son jus, baigné de références, et qui utilise de manière espiègle les rouages de l’animation pour proposer une comédie mordante et diablement efficace.
Découvrez dès à présent Inspecteur Gallimard, un film de fin d’études 2024 signé ESMA, disponible en intégralité :
