Animation 3D, Coulisses de la semaine

Humour, magie et quête épique, trois ingrédients essentiels de l’Armure, un court métrage croustillant signé ESMA

3DVF.com pour l'ESMA

6 minutes de lecture

Une armure maudite, autrefois un gobelin avide de pouvoir, cherche un moyen de récupérer son corps d’origine. Confrontée à des échecs amers, elle fait alors une rencontre pleine d’espoir: celle d’un gobelin benêt, détenteur d’une pierre de “démalédification”

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Cette clé signera-t-elle enfin la libération de cette armure, ou bien le souhait du jeune gobelin sera-t-il exaucé? 

Aux commandes de cette fable épique et humoristique, on retrouve huit étudiants de l’ESMA, Mathieu De Macedo, Elodie Dubos, Lucas Eugène, Mila Jourdan, Adélaïde Langouet, Elisabeth Moreau, Claire Pendelio et Théo Rubin. Une équipe secondée à la musique par Matthieu Monot, au son par Baptiste Leblanc, José Vicente, Yoann Poncet, et avec les voix de Emmanuel Curtil (doubleur de Jim Carrey, mais aussi voix de Kronk dans Kuzco ou de Simba dans Le Roi Lion) et de Gabriel Bismuth-Beinaime (doubleur bien connu des amateurs d’animation en VF). 

Un bataillon de talents, qui se jouent avec malice de ce récit rythmé, plein d’autodérision et de clins d’œil à la fantasy. 

Pour en apprendre plus sur les coulisses de cette production, nous sommes allés à la rencontre de l’équipe, le temps d’une interview en profondeur sur les défis techniques et artistiques inhérents à ce projet de fin d’études ambitieux.

On est toujours le plus faible de quelqu’un

Dans L’Armure, récit narré par un ménestrel bien plus fourbe qu’il n’y paraît, on assiste à l’alliance quelque peu étonnante d’une armure maudite, sournoise et maléfique, avec un gobelin à l’innocence désarmante. Mais la chute (car c’est bien là tout l’intérêt d’un court métrage réussi) renverse la vapeur, et assène le propos de l’équipe.

“La morale de notre film, c’est qu’au final il y a toujours un plus gros poisson que vous. Cela ne sert à rien de s’en prendre aux autres, car vous finirez toujours par vous faire avoir par quelqu’un de plus fort que vous. Et c’est comme cela que nous avons construit l’arc narratif de l’armure, autour duquel s’est construit le film.” 

Une morale utilisée pour créer tant la comédie que l’évolution de ce protagoniste dépourvu de parole, mais dont les gestes et les regards courroucés en disent long. 

Des inspirations cartoon, entre animation et bande dessinée

Pour élaborer ces personnages et leur univers, l’équipe s’est appuyée sur de nombreuses références communes, tant pour ces étudiants en animation que pour le grand public. “Notre direction artistique s’appuie principalement sur des références cartoon, afin d’avoir une liberté suffisante à la fois en termes d’animation mais aussi de ton pour véhiculer l’humour de notre film, notamment dans ses aspects audiovisuels. Pour ce qui est des inspirations, nous avons été chercher à la fois du côté d’Astérix et Obélix (notamment le récent Astérix et Obélix et le secret de la potion magique, animé par Mikros) mais aussi du côté du Super Mario d’Illumination et des Kung Fu Panda de Dreamworks. Ces références nous ont été très utiles pour créer nos ambiances, ainsi que pour le lighting du film.” 

Pour ce qui est des inspirations, nous avons été chercher à la fois du côté d’Astérix et Obélix (notamment le récent Astérix et Obélix et le secret de la potion magique, animé par Mikros) mais aussi du côté du Super Mario d’Illumination et des Kung Fu Panda de Dreamworks. Ces références nous ont été très utiles pour créer nos ambiances, ainsi que pour le lighting du film.” 

Un défi, quand on sait que le film comporte non pas une, mais quatre ambiances bien distinctes les unes des autres. Le théâtre, où nous découvrons le ménestrel ; la plaine, où nous rencontrons l’armure ; la forêt verdoyante, dans laquelle évolue le gobelin benêt ; le château, lieu de l’affrontement final entre les protagonistes et un dragon sanguinaire. Des lieux bien distincts, chacun traité d’une manière différente par l’équipe. 

“Pour la première, nos personnages sont éclairés en silhouette, et les décors rappellent le bois peint. La seconde est travaillée à l’aide d’une lumière rasante, avec un ciel sombre et un décor lugubre, l’idée étant d’appuyer le caractère et l’humeur de l’armure. La troisième est similaire, mais prend le point de vue d’Eustache, bien plus lumineuse et colorée. Enfin, pour la scène du château, la lumière vire au rouge et nous utilisons de nombreuses caméras en contre plongée pour accentuer la taille de la dragonne, intimidante, et le caractère épique de ce dénouement.” 

Un jeu d’équilibriste maîtrisé, qui permet à l’Armure d’offrir au public un spectacle à la fois drôle et visuellement fort, à la fois magique, théâtral et saupoudré de grandiose. 

Une équipe bien rodée 

Formée aux différents aspects de la production d’un projet d’animation 3D au cours de leur formation mêlant apprentissage technique et stimulation créative, l’équipe s’est démenée pour mener à bien ce court métrage.

“Nous sommes vraiment heureux d’avoir pu travailler ensemble sur cette histoire, qui nous a accompagnés pendant plus d’un an. De la préconception aux premières étapes du rigging, en passant par l’animation et l’ajout de FX (dans notre film, le feu et les explosions occupent une grande place), nous avons pu travailler main dans la main. Et même si tout n’a pas été sans embûches, nous sommes contents du résultat obtenu et nous espérons que le film plaira au plus grand nombre.”

Un accomplissement pour ces animateurs désormais diplômés, qui peuvent sans rougir ajouter cette expérience à leur CV, alors qu’ils s’insèrent aujourd’hui dans un secteur en constante évolution, riche en talents. 

Découvrez dès à présent L’Armure, un film de fin d’études 2024 signé ESMA, disponible en intégralité :