Aujourd’hui Director of Outreach pour DNEG, un poste que l’on pourrait apparenter à celui de directrice du recrutement, cette actrice de formation a construit une carrière impressionnante entre Walt Disney Animation Studios et DNEG, entre Burbank et Londres. Parmi les titres qu’elle a accompagnés, on retrouve Dinosaur, Raiponce, La Reine des Neiges ou encore Nimona, sans parler des missions qu’elle a effectuées pour les franchises 101 Dalmatiens, ou La Belle et la Bête.
Autant de projets dans lesquels Dana McGarry s’est investie avec rigueur, efficacité et bienveillance.

Aujourd’hui, c’est autour de son rôle pour DNEG que nous avons pu échanger. Jamais avare de conseils, cette vétérante de l’industrie a accepté de nous partager ses ressentis sur le secteur, ainsi que ce qui, selon elle, fait un bon professionnel dans des productions en constante évolution.
Avec elle, découvrez les astuces pour vous intégrer au mieux dans le monde professionnel captivant qui est celui du cinéma d’animation.
“Mon rôle : aider les étudiants et les jeunes talents à accéder au job de leur rêve”
Une mission à laquelle se consacre Dara McGarry depuis plus de trois ans au sein du studio DNEG Animation à Londres, et qui lui a permis de révéler de nombreux talents dans cette industrie qui la fascine toujours autant, même après plusieurs décennies à y naviguer.

“DNEG Animation travaille actuellement sur Angry Birds 3, Cat in the Hat, Bad Fairies et toute une série de projets dont je ne peux encore vous parler aujourd’hui.
Ce qui est sûr, c’est que notre collaboration avec Warner Bros Pictures Animation et Locksmith Animation nous remplit de joie, et promet de très belles animations dans l’avenir!”Mais ce n’est ni du premier, ni du second qu’est issu le projet qui occupe la place la plus spéciale dans le cœur de Dara McGarry.
Pour elle, c’est bien Nimona, une production adorée des fans d’animation et qui a failli ne jamais voir le jour suite à la fermeture du studio Blue Sky en 2021, qui est le projet dont elle est la plus fière dans ces dernières années.

“C’est un projet qui a demandé beaucoup d’investissement et beaucoup d’amour, surtout quand on sait les défis que celui-ci a rencontré. Nous avons été honorés de pouvoir donner vie à cette superbe histoire signée ND Stevenson, et emmener le film jusqu’aux Oscars.”
Le début d’une nouvelle ère pour l’industrie
Sans se prononcer spécifiquement sur la situation en France, Dara McGarry souligne que les multiples turbulences que vit actuellement le secteur sont le signe d’une nouvelle ère pour l’industrie du cinéma d’animation. “Je pense que les studios comprennent mieux ce que veulent voir le public, et s’adaptent pour répondre à ces demandes. C’est évident, le triple impact du Covid et des deux grèves ont transformé l’industrie de manière impensable jusqu’alors. Cinq ans plus tard, nous nous sommes habitués au streaming, au binge watching, et nous retournons au cinéma, mais la manière dont nous consommons est drastiquement différente. Rappelez-vous comment, à l’époque, l’arrivée des sorties directement en vidéo avait révolutionné l’industrie. Ce type de changement doit être pensé à la fois pour notre industrie, mais aussi de manière globale.”
La directrice souligne d’ailleurs l’importance de cette mondialisation dans la manière dont les studios (dont DNEG) travaillent aujourd’hui. Des compagnies internationales disposant de bureaux et d’implantations multiples, avec une intégration du travail à distance bien plus acceptée qu’il y a 10 ans.
Un engagement sociétal complémentaire à son activité professionnelle
En tant que femme travaillant dans le secteur de l’animation, Dara McGarry a été confrontée à de nombreux obstacles durant sa carrière. Aujourd’hui, elle collabore avec l’antenne britannique de l’association internationale Animation Women, avec pour but l’entraide, le soutien et l’intégration des femmes dans l’industrie du cinéma d’animation.
“Bien que je sois heureuse de pouvoir affirmer que je vois de plus en plus de femmes sur mon lieu de travail, il y a toujours des embûches et des problèmes qui apparaissent encore aujourd’hui. Avoir un point de contact pour pouvoir se faire accompagner est dès lors important, notamment sur des problématiques essentielles comme l’équilibre entre la parentalité et la vie professionnelle dans ce secteur!”
Une association qui organise également un networking fructueux et en toute bienveillance, tout en restant en contact régulier avec l’ensemble des studios de Grande-Bretagne.
En France, c’est l’association Les Femmes s’Animent (LFA), fondée il y a 10 ans par des femmes issues des divers métiers de l’animation, qui constitue un point de contact privilégié pour ces thématiques.
Dans l’animation, l’union fait la force
Selon Dara McGarry, ce qui caractérise un bon professionnel de l’animation en 2025, c’est avant tout sa passion pour le métier, son ouverture à l’apprentissage et à l’évolution, et sa capacité à travailler en équipe de manière fiable. “Être très extraverti ou être le meilleur, ce n’est pas nécessairement ce que nous recherchons. Les bonnes équipes ont besoin de nombreuses compétences différentes pour fonctionner. Chacune et chacun peuvent y amener leur propre superpouvoir, et contribuer à l’effort commun. Car travailler ensemble vous rend plus fort, ce n’est jamais une compétition.”
Cela étant dit, la vétérante souligne également l’importance de ne pas se reposer sur ses lauriers. “Ce n’est pas parce que vous avez accédé à un poste dans un studio qu’il faut arrêter de vous dépasser. Pour réussir, vous devez apprécier votre travail tout en restant constamment curieux vis-à-vis des rouages du métier. Tout dépend de vos ambitions.”
Car selon Dara McGarry, l’évolution du secteur va se poursuivre, suivant la tendance de croissance mise en place depuis la pandémie. Pour elle, l’animation va jouer un rôle de plus en plus important dans le secteur de l’entertainment, et la France ne sera pas en reste.
“La France compte parmi les plus grands artistes du monde”, conclut-elle, “je pense que l’industrie française de l’animation a toutes les cartes en main pour se placer où elle le souhaite sur la scène internationale.”
Son conseil pour les jeunes générations : Continuez de créer!
Dans une industrie en plein changement et où le niveau d’exigence reste élevé, Dara McGarry n’a qu’un conseil pour les étudiants : continuez de créer! Et ce, que ce soit au cours de leur recherche d’emploi, entre deux entretiens, ou pendant leur carrière.
“Vous apprendrez toujours en créant, et croyez-moi, vos idées verront le jour.”
Toujours convaincue de la force du groupe, elle souligne l’importance de se rassembler pour créer, et réaliser des films entre amis, ou anciens étudiants.
Des étudiants qui, même s’ils n’ont pas toujours un niveau de compétence équivalent selon s’ils reçoivent une formation de qualité en animation 3D ou une formation plus généraliste, pourront toujours selon la recruteuse se démarquer par leur énergie, et leur capacité à se dépasser en travaillant de manière rigoureuse, et en stimulant leur créativité.
“En ce sens, je pense que les écoles ont aussi un rôle à jouer”, précise Dara McGarry. “Si celles-ci permettaient aux jeunes diplômés de profiter de leurs installations pour produire ou s’exercer encore pendant quelque temps, cela pourrait amener à de belles initiatives, et pourquoi pas la création de nouveaux studios! En tous les cas, je pense que cela pourrait aider ces nouveaux talents à rester productifs, garnir leurs portfolios, et les aider à s’insérer dans le marché du travail.”
Si vous souhaitez en savoir plus sur les opportunités offertes par DNEG aujourd’hui, rendez-vous ici.