Léo Bergougnoux

Rencontre avec Léo Bergougnoux : Technical, VFX & 3D Artist pour le studio de jeu vidéo Umeshu Lovers, il mêle création et technique au quotidien.

Photo de Léo Bergougnoux
Année de promotion
2021
Entreprise actuelle
Studio Umeshu Lovers
Poste actuel
Technical, VFX & 3D Artist
Formation
Jeu Vidéo

 Diplômé en 2021 de l’ESMA (anciennement ETPA), Léo Bergougnoux ne se destinait pas pour autant à une carrière dans le jeu vidéo. C’est dans les sciences informatiques qu’il s’est d’abord orienté, avant de découvrir les possibilités (et les opportunités) qu’offrait l’industrie vidéoludique. 

Avant même la fin de sa formation, c’est au travers d’un stage qu’il intègre le studio toulousain Umeshu Lovers, spécialisé dans le game design et le visual development. Une entreprise qui collabore régulièrement avec les plus grands acteurs de l’animation 3D et du jeu vidéo, d’Epic Games à Rovio (Angry Birds), en passant par Disney, Illumination, Netflix ou encore Apple et Louis Vuitton. 

Aujourd’hui, alors que Léo fêtera bientôt ses cinq ans au sein du studio, il a accepté d’échanger avec nous sur son parcours depuis les bancs de l’ESMA, tout en nous partageant son ressenti sur une industrie toujours dynamique.  

“Un jour, le déclic est arrivé”

C’est à l’IUT Paul Sabatier que Léo se lance dans des études supérieures en informatique, un peu par défaut selon ses propres mots. “J’étais en études d’informatique de gestion, mais j’ai toujours eu un côté créatif. Un jour, le déclic est arrivé et je me suis dit: pourquoi ne pas travailler dans le jeu vidéo? Le mariage du côté technique et artistique du secteur était vraiment très attirant, et j’ai donc cherché si une formation existait dans la région.” 

C’est ainsi que Léo découvre l’ESMA Toulouse, et sa formation en jeu vidéo et game design. Un cursus complet, qui a marqué durablement cet ancien étudiant. “Cette formation m’a servi d’introduction à une industrie qui évolue très rapidement, et m’a également apporté un bon lot de compétences à la fois techniques et artistiques, ainsi qu’un réseau professionnel. 

Avec le recul, ce qui m’a le plus marqué est sans aucun doute les projets de groupe que nous avons dû faire avec mes collègues de classe. Gros ou petit projet, il y avait toujours une bonne communication et une bonne entraide au sein du groupe. Avec ce sentiment qu’on se poussait mutuellement vers le haut, et ça c’est quelque chose de précieux.”

Des études au métier, et aux premiers projets

Pour autant, le métier que Léo exerce aujourd’hui ne correspond pas du tout à ce qu’il imaginait en tant qu’étudiant. “J’avais une aversion pour la modélisation 3D, et au final celle-ci constitue une grande partie de mon métier, que j’apprécie beaucoup. Il en va de même pour la partie technique. Avec le temps on apprend à se familiariser avec des domaines qu’on appréhende, et c’est souvent là où on se surprend à aimer ces mêmes missions quelques années plus tard. Aujourd’hui chez Umeshu Lovers, je fais du “tech art”, avec une emphase certaine sur le côté artistique. Je touche aux environnements et personnages 3D, aux effets spéciaux, et je construis des processus de travail avec les équipes pour s’assurer que les différents projets du studio se passent bien.” 

Un éventail de missions qui vont du développement interne de jeu vidéo à la prestation pour différents clients que nous évoquions plus tôt, et qui viennent chercher l’expertise de ce studio toulousain renommé. 

“Le projet dont je suis le plus fier à ce jour”, se remémore Léo, “c’est Danghost (disponible sur Steam). C’est la première longue mission à laquelle j’ai participé à la sortie de l’école, et travailler dessus a été un vrai plaisir, très fun! Le jeu a été très bien reçu par les joueurs qui l’ont testé, et c’est une brique importante de mon parcours qui a façonné la manière dont nous travaillons au sein d’Umeshu encore aujourd’hui.” 

Dans le secteur, s’adapter au marché rapidement est essentiel 

Pragmatique, Léo reconnait les difficultés que vit le secteur depuis plusieurs années. “Tout bouge très rapidement, il est important de savoir s’adapter vite! Au niveau d’Umeshu Lovers, cela s’est construit en travaillant sur deux industries (cinéma d’animation et jeu vidéo), ce qui nous permet de nous adapter au marché. Dès lors, les effets de la crise ont été ressentis de manière plus limitée, mais nous les avons ressentis quand même.”

Pour lui, cette situation est à la fois le signe d’une transformation structurelle du secteur, mais s’inscrit également dans un cycle, récurrent dans l’industrie vidéoludique et du cinéma d’animation, avec des périodes florissantes et des périodes de vache maigre. “C’est un mélange des deux selon moi. 

Ce qui est certain, c’est que l’arrivée des IA a déjà bien transformé le secteur, et que cette transformation est encore en cours. Il me semble donc difficile de prédire l’ampleur de ces changements. La meilleure chose à faire, c’est de se tenir informé de ces évolutions, rester curieux et essayer de nouvelles techniques et de nouveaux outils. Comprendre ce qui fonctionne, et ce qui fonctionne moins, c’est essentiel pour être un bon professionnel dans ce secteur aujourd’hui.” 

En ce sens, l’ancien étudiant insiste sur l’importance du rôle de pont que doivent avoir les écoles entre les formations et le monde professionnel. “Renforcer le nombre d’interventions de pros bien intégrés au secteur, et insister sur l’insertion des étudiants, c’est essentiel dans une industrie compétitive où s’intégrer représente déjà un défi.”

Des nouveaux outils au service d’un travail plus agréable

Pour Léo Bergougnoux, les nouvelles technologies ont eu un impact indéniable, que l’artiste technicien perçoit plutôt de manière positive. “Les workflows changent, on produit différemment aujourd’hui, on délègue les tâches répétitives qui jadis prenaient du temps à un outil, on itère plus vite, et cela nous permet d’aller plus loin dans une même tranche horaire. Quasiment tous les emplois ont bénéficié de ces nouveaux outils et les intègrent dans leurs process. Cela nous permet d’être plus productifs et de tenir les délais de nos clients qui, prennent en compte l’existence de ces outils dans leurs demandes.”

Malgré tout, l’exigence artistique reste au cœur de la philosophie d’Umeshu, qui est également celle de Léo. “Il faut utiliser ces outils à bon escient, ils ne font pas le travail à notre place, ils sont là pour le rendre plus agréable. Nous gardons toujours le contrôle artistique sur nos productions, et croyez bien que nos directeurs artistiques et Lead Artists veillent au grain!” 

Un équilibre entre optimisation et excellence, que l’alumni voit sans trop de doutes comme l’avenir d’un secteur qui reste, malgré les perturbations, solide et dynamique. “Même si le rythme de notre industrie sera peut-être différent, il n’y a pas de raisons que celui-ci ne redémarre pas”, souligne-t-il. “L’industrie française sait par ailleurs se différencier dans un contexte international, de par son attention aux détails, ses innovations et les thèmes qu’elle aborde dans ses projets.” Un constat que l’on ne peut que rejoindre, lorsqu’on voit le succès remporté par Clair Obscur: Expedition 33 (du studio français Sandfall Interactive) cette année aux Game Awards. 

Extrait projet Cosmic Webs – A Spidersona ©Léo Bergougnoux

Et demain? 

Au-delà de son travail au sein d’Umeshu, Léo Bergougnoux continue d’être nourri et inspiré par le dynamisme du secteur. “Un jeu comme Baldur’s Gate 3 (du studio belge Larian), de par la liberté qui est laissée au joueur et les problématiques actuelles que le jeu adresse, m’inspire beaucoup dans la manière dont j’aborde mon travail aujourd’hui.

Où serais-je dans cinq ans? J’espère toujours à Umeshu! Avec les avancées technologiques de ces dernières années, les possibilités d’évolution du studio sont grandes, et cela donne envie de savoir à quoi il ressemblera!” Une aventure qui se poursuit au travers de nombreux projets, dont vous pouvez suivre l’actualité en rejoignant le Discord du studio.

Son conseil pour les étudiants?

Léo Bergougnoux insiste: “soyez curieux, et essayez des outils en dehors de votre zone de confort. N’hésitez pas à élargir votre panel de connaissances et de compétences, car l’adaptabilité et la flexibilité sont plus recherchées aujourd’hui que l’excellence dans un domaine spécifique selon moi. Par ailleurs, pensez à vous former à la recherche d’emploi, et à solliciter votre école à ce sujet. C’est une compétence importante à avoir.” 

Sur l’importance de la mobilité (inter)nationale, l’ancien étudiant (qui a réussi à décrocher un emploi dans la dynamique agglomération toulousaine où il s’est formé) tempère: “Bien sûr, celle-ci aide à se former et à mieux s’intégrer dans une équipe. C’est toujours plus simple de voir en présentiel les collègues avec qui on collabore, surtout dans un cadre d’apprentissage comme un stage ou une alternance. Cependant, grâce au télétravail qui est devenu courant, il est selon moi moins nécessaire de se déplacer.” 

Enfin, et c’est peut-être le plus important selon l’ancien étudiant: “N’oubliez pas de vous amuser dans votre travail!”

Une nécessité pour cet artiste, dont la curiosité et la créativité l’ont mené à ce parcours.

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