Un épisode plus sombre que les précédents, où Peter Parker navigue dans un New York qui ne le connait plus, et où déjà une nouvelle menace émerge.
Mais surtout, un film qui dévoile à nouveau toute l’expertise des artistes vfx et des responsable d’effets spéciaux qui permettent à Spider-Man d’être ce héros à la fois amical et inspirant, qui se balance avec aisance dans les avenues de la grosse pomme.
Comment ce nouveau tour de force a-t-il été accompli? Grâce au talent des plus grands studios d’effets spéciaux de la planète, comme nous vous le révélons ci-dessous.
Des experts aux commandes

Pour mettre en images les acrobaties du héros, le réalisateur Destin Daniel Cretton (dont c’est le deuxième Marvel après Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux) s’est entouré des meilleurs talents, à commencer par Jerome Chen et David Bosco, tous deux vétérans des effets spéciaux.
Le premier, nommé à l’Oscar des effets spéciaux pour Stuart Little en 2000, est également l’un des membres fondateurs du studio Sony Pictures Imageworks, et a été à l’origine du renouveau visuel de la franchise Spider-Man. C’est en effet Chen et son équipe qui ont travaillé sur les deux volets de The Amazing Spider-Man, donnant à la duologie d’Andrew Garfield une saveur toute particulière qui a su convaincre une génération de fans.
Depuis, Jerome Chen a également travaillé sur le Suicide Squad de 2016, Jumanji ou encore Men in Black. Avec Brand New Day, il renoue avec un décor et des codes qu’il maîtrise sur le bout des doigts, ce qui laisse présager des séquences épiques de course poursuite et des scènes d’action à couper le souffle, mettant pleinement à profit les attributs de Spider-Man.
L’autre, c’est David Bosco. Vétéran de l’écurie Marvel, il a collaboré à de très nombreux films des phases 1, 2 et des suivantes du MCU. Des Gardiens de la Galaxie en passant par Captain America: Civil War, Avengers: Endgame ou plus récemment Eternals et les séries Hawkeye ou Ironheart, David Bosco connaît bien l’univers des super-héros qui évoluent en milieu urbain. Une nécessité lorsqu’il s’agit de faire s’envoler Spider-Man au-dessus des toits new-yorkais, tout en gardant un réalisme bluffant à l’écran.

“Nous filmons à 420 images par seconde”
Pour atteindre ce style unique, l’équipe de Brand New Day s’est dépassée, tout en explorant de nouvelles approches esthétiques directement inspirées des comics. Dans une featurette récente, Tom Holland et Destin Daniel Cretton expliquaient la manière dont certaines des couvertures iconiques de la série avaient été recréées par la magie du ralenti et des effets spéciaux.
“Nous filmons à 420 images par seconde,” détaille le cinéaste. “Et pourtant, Tom arrive quand même à adopter la pose parfaite, à trouver le tempo et à jouer avec son corps pour mettre celui-ci en scène.”
Des réussites visuelles que l’on doit à l’acteur-danseur qui réalise bon nombre de ses propres cascades, mais également aux artistes vfx qui fignolent chacun de ces plans iconiques avec rigueur et doigté.

Des studios aux quatre coins du monde
Avec pas moins de sept studios de vfx embarqués sur le projet, parmi lesquels Sony Pictures Imageworks, Framestore, ILM, RISE, Cantina Creative, Soho VFX et SDFX Studios, des artistes allemands, américains, canadiens et internationaux ont travaillé d’arrache-pied pour mener à bien cette prouesse technique.

Celle-ci sera-t-elle à la hauteur des attentes des fans? C’est en tout cas ce qu’espèrent les milliers d’artistes impliqués, alors que la post-production du film vient à peine de s’achever et que le film prend aujourd’hui le chemin des grands écrans.
Une autre époque
Malgré tout, certains experts du secteur questionnent tout de même l’approche choisie par Hollywood, dont Brand New Day n’est que le reflet.
Cette mondialisation, selon Anish Moonka, est également source d’une qualité moindre. Une analyse qu’il étaye en comparant les derniers trailers du film avec ce clip, issu de The Amazing Spider-Man 2. Si cet extrait est (selon l’expert) d’une qualité bien supérieure à celle des images de Brand New Day révélées jusqu’ici, ce n’est pas un hasard.

“Ces images sont en effet le fruit de la même personne, Jerome Chen, mais dans un contexte complètement différent”, commente-t-il. “En 2014, Chen dirigeait 50 artistes vfx chez Sony Imageworks, la plus grande équipe d’effets visuels jamais mobilisée par le studio pour un seul projet. Ils ont réalisé environ 1000 des 1600 plans vfx du film, pour un budget de 255 millions de dollars.
L’équipe a tourné sur pellicule (et non en numérique), en décors naturels à New York, a scanné Times Square avec 36000 photos de plus de 100 panneaux d’affichage et a installé de véritables systèmes d’éclairage sur le plateau pour que les images de synthèse correspondent à la réalité.”
Une mobilisation qui, il le constate, n’est plus d’actualité. En comparaison, No Way Home (l’opus précédent) comportait 2500 plans vfx, répartis entre 12 studios et 3000 artistes, mais avec un budget de seulement 200 millions de dollars.

“Le syndicat hollywoodien représentant les travailleurs des effets visuels a indiqué que Marvel rémunère ses artistes environ 20 % en dessous de la moyenne du secteur et n’emploie qu’une seule personne là où d’autres studios en emploient trois”, assène l’expert. “Certes, Brand New Day sort dans quatre mois, et les bandes-annonces montrent régulièrement des plans inachevés,” conclut-il. “Mais l’écart entre le Spider-Man de 2014 et celui de 2026 n’a rien à voir avec un recul technologique. On demande à l’industrie de tripler la charge de travail pour un budget dérisoire par plan, tandis que ses plus grands studios font faillite.”
Un constat amer, mais qui est partagé par un bon nombre d’artistes, dans un secteur toujours sous haute tension.
Ce film pourra-t-il être “un jour nouveau” pour l’industrie, pour paraphraser son sous-titre? Alors que la fatigue des super-héros annoncée il y a quelques années ne semble pas encore être arrivée jusqu’aux oreilles des fans, gageons qu’Hollywood aura encore longtemps besoin d’artistes vfx de talent pour mettre en image ses récits les plus épiques. Qu’il s’agisse d’une odyssée vieille de 3000 ans, ou d’un récit résolument actuel.

