À quoi celui-ci correspond-il? Comment est-il construit, quelles en sont les grandes étapes, avec quels outils, et surtout pourquoi le pipeline est-il essentiel dans l’industrie de l’animation? Vous trouverez les réponses à toutes vos questions ici, ainsi que des conseils pour bien se former à son utilisation. D’ailleurs, ou dit le, ou la pipeline? Réponse ci-dessous.
Qu’est-ce qu’un pipeline en animation 3D ?
À la manière d’une chaîne de montage industrielle, le pipeline d’animation 3D est un processus structuré qui guide un projet de l’idée initiale au résultat final, l’écran. Qu’il soit petit (pour les séries) ou grand (pour les salles de cinéma), celui-ci coordonne l’ensemble du workflow d’un projet et permet à des équipes ayant différentes spécialités techniques et artistiques de se coordonner pour assurer une production fluide.
Les grandes étapes du pipeline en animation 3D
Pour mieux comprendre la manière dont fonctionne le pipeline d’animation 3D, il convient de scinder celui-ci en trois grandes phases, que l’on retrouve d’ailleurs dans les projets en prises de vues réelles, les jeux vidéos, en de manière générale dans toute l’industrie audiovisuelle et de l’entertainment.
Préproduction: de l’idée au projet
C’est au cours de cette étape que sont définis tous les paramètres qui vont constituer le film, à la fois d’un point de vue artistique, narratif et technique.
Du côté créatif, les concept artists et directeurs artistiques travaillent à définir les grandes lignes de ce que seront les personnages, l’univers visuel, les couleurs, les lumières et le rendu final espéré du projet.
En parallèle, scénaristes et équipes de réalisation travaillent ensemble pour coucher l’histoire sur papier, tout en collaborant avec les storyboard artists pour définir la mise en scène, et préparer les cadrages. En animation 3D plus qu’ailleurs, cette étape est cruciale car scénario et storyboard sont étroitement liés.
Enfin, les équipes techniques échangent avec les équipes créatives afin de définir les besoins de la production, de choisir les outils, et de créer le pipeline de production qui sera utilisé pour l’ensemble du projet.
Dans le cadre d’un projet d’animation 3D, la préproduction se termine en général lorsque l’animatique est finalisée, car c’est ce squelette audiovisuel qui permettra ensuite aux équipes de passer en production.
Production: le coeur créatif du projet
C’est lors de cette étape cruciale que l’équipe donne vie aux personnages, et pose les bases concrètes de l’univers où ils évolueront. Mais c’est aussi le moment où les différentes équipes impliquées dans la modélisation 3D des différents éléments du projet vont se mettre en marche, à la fois au niveau des décors que des accessoires, et bien sûr des personnages.

En parallèle, les équipes de rigging fabriquent les squelettes des personnages, tandis que les équipes de layout posent ceux-ci dans leur environnement, “bloquent” les scènes, et choisissent les angles de caméra. Enfin, textures et lumières sont également traités et réfléchis, avant d’attaquer la phase principale de la production, celle de l’animation.
Post Production: et ils virent que cela était beau, ou presque
Une fois l’animation terminée, c’est l’étape de la post-production. Il s’agit ici de vérifier l’animation, de faire une ou plusieurs passes de color grading et de color correction, d’ajouter des effets visuels, mais aussi l’ensemble des sons définitifs qui constituent le film.
Ensuite, avec l’aide d’un moteur de rendu très puissant, le film est amené dans sa version finale, avant d’être diffusé sur les écrans.
Les outils utilisés dans un pipeline animation 3D
Ils sont nombreux et variés, et dépendent bien sûr des techniques utilisées. Selon les phases, on trouve des logiciels comme Stobyboarder, Maya, Blender, ZBrush, After Effects, Toon Boom, Houdini, Arnold, RenderMan, ou encore Unreal Engine ou Unity lorsque l’on travaille en temps réel. Côté son, Audacity et Reaper sont assez prisés des étudiants et des professionnels.
Parmi les outils indispensables, on trouve bien sûr les logiciels de suivi de projet, comme ShotGrid, ou encore Kitsu. Des outils essentiels pour assurer une bonne coordination du projet, pouvoir comparer les différentes étapes, et faire du reporting dans les cas où cela est nécessaire.
Plusieurs logiciels existent également pour combiner les différents éléments réalisés, à l’instar de OpenUSD, logiciel open-source devenu très prisé par l’industrie. Flexible et facilement accessible, cet outil est devenu le standard pour de nombreux studios en recherche d’outils pour gérer des productions légères.
Pourquoi le pipeline est essentiel dans un projet 3D ?
Dans la pratique, la production d’un projet d’animation n’est souvent pas un long fleuve tranquille, et les différentes étapes s’entremêlent (surtout en ce qui concerne la production et la post-production). Ces longs mois (voire années) à travailler sur un projet, que ce soit en équipe réduite ou au sein d’un grand studio, peuvent se révéler catastrophiques si votre projet n’est pas suffisamment préparé, et si vos différentes équipes ne sont pas synchronisées.
En ce sens, le pipeline fournit une matrice commune, permettant de suivre (généralement en quelques coups d’œil) l’avancement du projet à un moment donné.

C’est donc un outil essentiel à la fois pour les personnes à la tête du projet comme le réalisateur et le producteur, mais également un moyen efficace pour les différentes équipes de progresser ensemble jusqu’à l’aboutissement du film.
En animation, un film ne se fait jamais seul, et la communication et l’entente au sein des équipes est essentielle. Un pipeline bien défini permet ainsi de fluidifier la production et de faciliter les échanges.
En fin de compte, dit-on le ou la pipeline d’animation 3D?
Bien que la signification de ce terme en animation et en effets spéciaux soit plus proche de la chaîne de production que du sens premier lié au transport de liquides, c’est un bien d’un pipeline d’animation 3D dont il est ici question, sans tiret, comme défini par le dictionnaire de l’académie française. Quant à la prononciation du mot, ne faites pas confiance aux québécois et évitez la confusion: il s’agit bien un anglicisme, à prononcer “pi-pe-li-ne” avec un “aïe”, so british.
Comment se former au pipeline animation 3D ?
Afin de bien comprendre et maîtriser l’ensemble des éléments qui composent le pipeline d’un projet en animation 3D, une formation spécialisée en animation 3D et effets spéciaux est indispensable. C’est au travers de ce parcours que les futurs professionnels de l’industrie pourront acquérir les connaissances théoriques nécessaires à la gestion d’un pipeline d’animation 3D, tout en mettant celle-ci à l’épreuve en gérant leur propre projet, et donc leur propre pipeline. Chaque projet étant unique, les pipelines évoluent selon l’entreprise, le studio ou les logiciels utilisés, il est donc essentiel d’avoir pu (au travers de cette formation) s’essayer à différentes formes de pipeline.
Une maîtrise que les étudiants de l’ESMA acquièrent tout au long de leur formation, jusqu’à la réalisation de leur court métrage de fin d’études, où ils sont amenés à porter eux-mêmes leur idée à l’écran, et à prendre en charge leur propre pipeline d’animation 3D. Car au-delà des connaissances techniques de la gestion d’un pipeline, rien n’égale l’expérience acquise sur la réalisation d’un projet concret en équipe.
