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Le rigging de A à Z

rig chara rushmore

3DVF.com pour l'ESMA

9 minutes de lecture

En animation 3D et dans l’industrie du divertissement, il est courant d’entendre parler de riggers, de rigs et de rigging.

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Et si ces termes peuvent prêter à confusion, notamment au travers de leur emploi dans le cinéma en prises de vue réelles, le rigging au sens de l’animation 3D est bien un aspect essentiel de la création de personnages crédibles et attachants. 

Qu’entend-on exactement par rigging? Comment cette technique fonctionne-t-elle? Quels sont les outils employés, et enfin comment se former à l’utilisation de ceux-ci? C’est ce que nous vous proposons de découvrir à travers cet article.

Qu’est-ce que le rigging ?

Le rigging (ou squelettage en français) est une technique d’animation et de modélisation qui dote un personnage 3D d’un squelette profond et mobile (le rig) et d’une enveloppe de surface (le mesh). Cette “peau” se déformera au gré des mouvements du rig, de sorte que les animateurs puissent donner vie aux personnages, animaux et autres créatures mobiles. Et ce, tout en conservant une apparence et des mouvements en accord avec la direction artistique du projet dans lesquels ils s’intègrent.

body rig
©ESMA

Et ce, tout en conservant une apparence et des mouvements en accord avec la direction artistique du projet dans lesquels ils s’intègrent.

En pratique, le rigging est utilisé par de nombreux secteurs : la publicité, le jeu vidéo, la réalité virtuelle, les logiciels de simulation, et bien entendu, le cinéma d’animation 3D. 

Comment fonctionne le rigging en animation ?

Dans le domaine de l’animation 3D, le rigging permet aux personnages 3D de se mouvoir au gré des envies de leurs créateurs, grâce au travail précis et minutieux des équipes de rigging.

En effet, c’est au travers de cette ossature numérique que tous les mouvements seront ensuite créés par les équipes d’animation. De l’efficacité, de la précision mais aussi de la flexibilité du rig dépendra donc la qualité du résultat final, ce qui en fait un poste clé dans tout projet d’animation 3D, qu’il soit étudiant ou professionnel. 

Depuis Toy Story, la technique s’est perfectionnée et les outils ont bien évolué, mais le principe du rigging reste similaire à celui utilisé par les équipes de Pixar pour donner vie à ces personnages iconiques.

Quels outils et logiciels sont utilisés en rigging ?

Aujourd’hui, il existe de nombreux outils et logiciels pour créer des rigs complexes et efficaces, ainsi qu’une myriade de plugins et d’outils utilisant l’intelligence artificielle pour faciliter le travail des animateurs, ou permettre aux néophytes de créer des rigs simples à moindre coût. 

Néanmoins, de nombreux outils restent indispensables à maîtriser, et l’apprentissage de ceux-ci en passant par une formation en animation 3D est essentielle pour celles et ceux qui souhaiteraient se professionnaliser dans ce domaine où se mêlent créativité et maîtrise technique. 

Du côté des logiciels payants, on trouve les deux produits phares d’Autodesk, Maya et 3ds Max. Si le premier est principalement utilisé en animation, et le second dans le secteur du jeu vidéo, les deux outils offrent de très bons résultats pour le design et la mise en place de rigs complexes, qui pourront ensuite être animés directement par les équipes dans ces mêmes logiciels.

exemple interface logiciel Maya ©ESMA

En s’intégrant dans la galaxie Autodesk, ces logiciels bénéficient également de nombreux plugins et outils (HumanIK, fStretch, InstantRig, …), de tutoriels multiples et d’un service client poussé. Attention toutefois à ne pas sous-estimer la courbe d’apprentissage, qui peut s’avérer ardue, et le coût, assez élevé.

Parallèlement à ces deux logiciels, Houdini se démarque également par sa capacité à générer des animations procédurales, et par des possibilités d’automatisation complexes. Au même titre que les outils Autodesk, ce logiciel bénéficie de fonctionnalités puissantes, permet le rigging nodal, et offre de très nombreuses possibilités pour affiner l’animation de personnages très recherchés. Au même titre que Maya ou 3ds Max, comptez cependant sur un processus d’apprentissage difficile, et un coût important. 

Si vous êtes plutôt à la recherche d’options plus accessibles et néanmoins très versatiles, Blender est l’outil qu’il vous faut. Déjà bien connu de l’industrie et rendu célèbre par le succès de Flow, film d’animation 3D européen ayant récemment remporté l’Oscar, ce logiciel open source permet la création de rigs tout aussi qualitatifs, et a l’énorme avantage d’être gratuit.

exemple interface logiciel Blender ©ESMA

De plus, la communauté Blender étant très active, il existe de nombreux tutoriels, plugins et autres aides qui vous permettront de prendre en main le logiciel plus facilement, et l’intégrer à votre workflow si celui-ci s’y prête. 

Enfin, l’intelligence artificielle et ses avancées a permis à de nombreuses applications de voir le jour, promettant un rigging 3D automatique, fiable et facilement transposable à n’importe quel projet. 

Bien que ces outils (Mixamo, MakeHuman, Animate Anything) soient déjà très avancés, ils n’ont pas la précision et la maniabilité d’outils tels que Maya ou Blender, et sont plutôt destinés à des productions à plus petit budget, ou à des projets semi-professionnels.  

Les bonnes pratiques et les erreurs à éviter en rigging

Quel que soit l’outil utilisé, les bonnes pratiques en matière de rigging sont les mêmes : planification, précision, rigueur et communication. 

Planification, car le rigging nécessite d’avoir toutes les informations à disposition pour créer le squelette le plus adéquat au projet. Pour cela, les équipes de rigging doivent être intégrées dès le début de la réalisation, pour pouvoir comprendre au mieux les besoins de la production, les défis techniques que celle-ci va représenter, et les différentes catégories de rigs qui vont devoir être développées pour mener à bien le projet. 

Ensuite, le rigging supervisor doit coordonner ses équipes pour que celles-ci travaillent avec la plus grande précision possible. Un rig peu précis risque en effet de causer de nombreuses difficultés à l’équipe d’animation, et d’amoindrir la qualité finale du projet. 

Enfin, la rigueur (sans mauvais jeu de mots) est une qualité indispensable pour celles et ceux qui veulent se lancer dans le rigging, un métier où maîtrise technique et minutie sont deux qualités essentielles pour accéder aux projets les plus importants. Car au même titre qu’un rig peu précis, un rig fait à la va-vite ou incomplet aura un impact énorme sur l’ensemble de la production, et nécessitera des corrections continues. Ce qui, à terme, risque de faire dérailler le planning et entraîner tant des retards que des dépassements de budget. 

Pour toutes ces raisons, l’erreur principale à éviter lorsque vous travaillez dans une équipe de rigging (ou que vous la dirigez) est le manque de communication. Comme dans tous les départements de la production d’un film d’animation 3D, il est crucial de maintenir un lien étroit avec l’ensemble des chefs de poste et leurs équipes, ainsi qu’avec les porteurs de projet. Cela permet non seulement d’anticiper les obstacles, les défis et les contraintes techniques, mais aussi d’adapter les workflows au cours de la production, et mener le projet à bien tout en lui garantissant la plus grande qualité artistique et technique. 

Quels métiers utilisent le rigging ?

Tous les métiers nécessitant la création d’animation utilisent le rigging, chacun à leurs niveaux. Car que vous ayez l’intention de donner vie à un personnage 3D complexe pour votre film d’animation, ou que vous ayez à animer un voilier dans le cadre d’une publicité, il vous faudra d’abord et avant tout créer un squelette qui vous permettra de mettre cet objet ou ce corps en mouvement. 

Le rigger aura donc sa place tant dans l’industrie de la publicité que dans celle du divertissement, allant du jeu vidéo au cinéma d’animation en passant par le cinéma en prises de vue réelles, friand d’effets spéciaux numériques et d’éléments nécessitant de nombreux rigs pour se mouvoir. 

Technicien avec une patte artistique avouée, le rigger peut dès lors s’intégrer facilement dans les studios d’animation et y développer son expérience, comme c’est le cas d’Elodie Houard, ancienne étudiante de l’ESMA. 

Cette expérience a amené Elodie à se spécialiser dans le facial rigging, squelettage des visages, une pratique qui lui a permis de travailler sur des films à gros succès de Londres à Montréal, en passant par Bruxelles et Angoulême. 

Comment se former au rigging ?

Pour maîtriser le rigging, une formation d’animation 3D et effets spéciaux comme celle de l’ESMA est le parcours idéal. En effet, celle-ci mêle cours théoriques portant sur l’anatomie d’un point de vue artistique et ateliers qui permettent la mise en pratique de ces apprentissages dans des logiciels de pointe, déjà utilisés dans l’industrie. La formation, encadrée par des enseignants professionnels et construite en lien avec de nombreux studios, permet de développer ses compétences ainsi que son réseau. En fin d’études, les étudiants seront amenés à réaliser un court-métrage en équipe, une expérience professionnalisante qui leur permettra de choisir la voie qui leur correspond, comme le rigging pour certains.

Cette expérience, en plus d’être très enrichissante, sera également une carte de visite indispensable pour vous permettre d’accéder au marché de l’emploi.