Animation 3D, Coulisses de la semaine

Pirates des airs et créatures sanguinaires : dans les coulisses de Sea of Leaves

capitaine viktor qui conduit le bateau

3DVF.com pour l'ESMA

6 minutes de lecture

Dans un monde imaginaire où les pirates naviguent au-dessus de mers de feuilles peuplées de monstres impitoyables, Viktor, un capitaine hanté par son passé et accompagné de son second Bill, décide de s’aventurer dans cette forêt gigantesque où rôde une mort certaine.

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Réalisé par Vincent Bohnert, Margaux Bontron, Anaë Duquenne, Juliette Gilles-Payart, Veronika Nikulina, Romain Paillet, Yoann Paquet, Quentin Thisse et, Maxime Verclytte, Sea of Leaves exploite à merveille ses décors luxuriants pour créer une atmosphère sombre et angoissante, où évoluent ce capitaine tiraillé entre la vengeance et la raison.

Pour mieux comprendre les défis qu’ont dû relever ces étudiants, nous avons échangé avec l’équipe autour de la création de ce court métrage. 

Origine et intention du projet 

C’est cette idée d’un monde où les pirates naviguent au-dessus d’une mer de feuilles qui a été à la racine du projet, se remémore l’équipe. “À vrai dire, la première idée était de représenter un monde barbare dans lequel les pirates faisaient du trafic de créatures, en vendant leur peau et leur viande. Ainsi, on voyait ces personnages vendre ces créatures vivantes ou non, auprès d’une auberge située dans un village au-dessus des arbres.

sea of leavers affiche film 3d esma 2024

Un village qui, dans nos premières versions, était au cœur de l’intrigue et subissait régulièrement des attaques qui dévastaient la communauté. Nos pirates, dont le chef était déjà, à l’époque, notre personnage principal, devaient partir en quête de cette créature et, en chemin, se perdre eux-mêmes.” 

D’un scénario très complexe, où le village était en fait l’instigateur d’une machination visant à se venger des pirates, le concept du film a fortement évolué pour convenir à l’ensemble de l’équipe, tout en prenant en compte les réalités et les contraintes du format court métrage. “Au final, c’était surtout l’univers qui primait pour nous. Nous avons donc simplifié l’histoire, tout en conservant les choix qui plaisait à toutes et à tous, à savoir le côté épique de cette quête, et l’impact terrifiant de notre créature.” 

Inspirés autant par Alien que par Jurassic Park pour la construction narrative du récit que par l’esthétique de Dragons ou le Monstre des Mers pour la mise en place de leur univers, l’équipe a ainsi choisi une approche réaliste, qui se retrouve également dans ces personnages.

Un capitaine terrible et hargneux 

C’est ainsi que l’on perçoit rapidement Viktor, hanté par les spectres de son équipage qu’il a vraisemblablement mené à la mort. “Pour ce personnage, nous avions à l’esprit de créer un capitaine robuste, imposant tant par son physique que par sa personnalité.

Son acolyte quant à lui devait être son opposé, physiquement plus fin et plus peureux dans son comportement.” Une différence qui renforce encore le côté hargneux de notre protagoniste, et met en avant sa quête impitoyable à la recherche de la créature contre laquelle il souhaite se venger. 

Comment dès lors créer de l’empathie, tant avec ce chef de bord que son second moins charismatique? C’est le défi qu’a dû relever l’équipe, tant la construction de ces personnages fait passer le capitaine comme un homme sans pitié.

Mais grâce à une habile construction mêlant flashbacks et dilemme moral intense, le film se clôture avec une rédemption tout à fait compréhensible des spectateurs.

Un univers effrayant où navigue un étrange vaisseau 

C’est dans la fantasy que l’équipe a picoré le plus pour construire cette forêt géante, au croisement de The Croods et Avatar.

Le navire volant, grand classique des histoires de piraterie fantastique, de La Planète au trésor au tout récent Hopper, a également été le fruit de nombreuses discussions et d’inspirations multiples. “C’est sans aucun doute ce bateau qui nous a donné le plus de fil à retordre”, se souvient l’équipe.

“Faire naviguer celui-ci dans un environnement aussi dense que le nôtre, fourmillant de détails, n’a pas été une mince affaire. Tout comme créer cette forêt immense composée d’arbres et d’éléments organiques qui auraient été extrêmement complexes à recréer uniquement sur Maya.

Nous avons donc travaillé en USD pour contrer ce problème, ce qui a été un énorme challenge pour nous en termes techniques et a nécessité de former une grande partie de l’équipe sur Houdini en cours de production.” 

Une répartition flexible, selon les besoins de la production 

Pour ce qui est de la répartition des tâches et du travail dans l’équipe, les étudiants se sont basés principalement sur les préférences et affinités de chacun. “Si quelqu’un préférait travailler sur un personnage ou sur un environnement, alors celui-ci lui était attribué. Vers la fin de la production, nous faisions surtout selon le temps de chacun,” confie l’équipe. Une méthode flexible qui leur a permis de mener le projet à bien de manière collective, en ne coupant que quelques plans pour rendre le film dans les temps. “Nous nous sommes toujours serré les coudes pour finir ce projet du mieux que nous pouvions. Ce qui nous a permis de terminer celui-ci, ça a été notre entraide et notre persévérance. Nous étions tous très motivés et nous ne comptions pas les heures passées sur notre travail. Cette capacité à maintenir la cohésion d’équipe, c’est ce dont nous sommes les plus fiers aujourd’hui.” 

Une méthode flexible qui leur a permis de mener le projet à bien de manière collective, en ne coupant que quelques plans pour rendre le film dans les temps.

“Nous nous sommes toujours serré les coudes pour finir ce projet du mieux que nous pouvions.

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Ce qui nous a permis de terminer celui-ci, ça a été notre entraide et notre persévérance. Nous étions tous très motivés et nous ne comptions pas les heures passées sur notre travail. Cette capacité à maintenir la cohésion d’équipe, c’est ce dont nous sommes les plus fiers aujourd’hui.” 

Leur conseils pour les étudiants? 

“Je pense que le premier conseil serait de s’amuser et de faire ce qu’il vous plaît dans la production du film”, souligne Margaux Bontron, s’exprimant au nom de l’équipe. Et de savoir prendre en considération les perceptions de chaque membre du projet. “Et surtout de ne pas oublier que l’on travaille ensemble sur un seul et même projet et que nous sommes là pour nous élever les uns les autres. L’entraide et le mot clé de notre réussite dans l’équipe !” 

Un conseil qui fait écho à l’expérience de production de cette équipe, dont la cohésion a permis de mener à bien cet ambitieux projet

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