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Premiers pas dans la vie active – Laura Levêque et Jonathan Beaudry


Actualités . 13 Août. 2020

De bonds de puces aux rêves d’astres célestes pour des petits robots, Laura Lévêque et Jonathan Beaudry ont quitté l’univers des films auxquels ils ont contribué pendant un an pour se lancer en tant que professionnels de l’image numérique. L’une traversant La Manche et l’océan Atlantique pour l’autre, c’est des nouveaux chapitres de leur vie qui commencent et dont ils nous parlent.

Laura Lévêque, co-réalisatrice du film Firmament, et Jonathan Beaudry, co-réalisateur du film Love is in the hair, on poursuivi tous les deux leurs études sur le campus de Toulouse où ils se sont formés au Cinéma d’Animation 3D et Effets Spéciaux. Après avoir réalisé un parcours commun pour leurs études supérieurs, chacun a suivi sa propre voie : Laura est partie à Londres pour travailler dans le studio Jellyfish Pictures et Jonathan au Canada pour intégrer le studio Tangent Animation.

Après quelques mois à avoir évolué du côté professionnel de leur activité, ils reviennent pour nous sur cette entrée dans la vie active.

COMMENT S’EST PASSÉE LA RECHERCHE D’EMPLOI ?

Laura Lévêque (L.L.) : Ma recherche d’emploi s’est plutôt bien passée. Je m’étais donné un mois de vacances après l’école, du coup tout septembre ça a été repos et ensuite recherche active. J’écrivais quasiment tous les jours à plusieurs studios. J’ai trouvé du travail en novembre chez Jellyfish Pictures. Au début, j’étais un peu dépitée parce que je pensais vraiment que ça se ferait super vite. Mais après mûre réflexion juste deux mois de recherche c’est bien.

Jonathan Beaudry (J.B.) : Ma recherche d’emploi a débuté vers la fin de la production de mon film étudiant au moment où nous devions partir pour le festival d’Annecy. Là-bas j’ai pu prendre des premiers contacts au MIFA et au Job Fair organisé par l’école. Puis vers la fin de la production, j’ai commencé à postuler en Angleterre et au Canada et fait des entretiens via Skype. Anecdotiquement, j’ai été approché par un Character Supervisor intéressé par mon profil pendant la soirée de remise des diplômes.

Plus tard, dans le mois de septembre, j’ai fait d’autres entretiens puis finalement j’ai dû choisir entre plusieurs opportunités. En fin de compte, dans mon cas, la recherche d’emploi a été plus ou moins facile et rapide car après avoir été diplômé en début septembre j’ai pu commencer à travailler à la fin du mois d’octobre.

QUEL EST TON POSTE ACTUEL ET EN QUOI CONSISTENT TES MISSIONS ?

L.L. : Actuellement je suis Lighter et compositor junior. J’ai fait un mois sur un show où je ne faisais que du compositing, c’était essentiellement un travail de grading.  Puis je suis passée sur un autre show ou je faisais lighting et compo. J’ai fini par demander à ne faire que du lighting donc maintenant je ne fais que ça.

Le lighting consiste majoritairement à éclairer les personnages car l’environnement est déjà mis en place par les superviseurs en général et aussi sur certains projet à créer les layers pour le rendu.

J.B. : Je suis actuellement Groom Artist, mes missions consistent à créer les cheveux des personnages. Je peux aussi être amené à créer les éléments en fourrure sur leurs habits.

PEUX-TU NOUS RACONTER TES PREMIERS PAS DANS L’UNIVERS PROFESSIONNEL ?

L.L. : Mes premiers pas n’ont pas été fou. J’ai travaillé sur une série où on devait réaliser 13 shots de compo par jour et à cela s’ajout le fait que l’équipe ne m’a pas formé au pipeline utilisé par le studio. Je connaissais les logiciels Nuke et Maya mais rien sur les autres outils qu’ils utilisaient pour gérer l’organisation du travail, importer les fiches données, des notes etc. De plus la team n’était pas très avenante…

Mais j’ai vite changé de projet et ma nouvelle team été top. Avec des gens beaucoup plus expérimentés je suppose que ça aide.

J.B. : Dès mon arrivée au studio le premier jour, quelqu’un s’est chargé de me faire faire un tour des locaux et me présenter à mes nouveaux collèges en même temps. Étonnement, l’ambiance n’était pas si différente de celle que l’on avait dans la salle des 4e année pendant la production de notre court-métrage ! Du coup je me suis tout de suite senti à l’aise. J’ai passé ma première semaine à me mettre à niveau sur Blender, le logiciel utilisé par le studio puis on m’a assigné mon premier personnage.

COMMENT AS-TU VÉCU CETTE ENTRÉE DANS LE MONDE PROFESSIONNEL ? CELA CORRESPONDAIT À TES ATTENTES ?

L.L. : Je n’avais aucune attente particulière. J’avais juste peur de ne pas aimer ce travail mais finalement j’en suis plutôt contente.

J.B. : Avant mon entrée dans le monde professionnel, je n’avais pas vraiment d’attentes si ce n’est d’avoir une hiérarchie plus marquée entre employés et supérieurs et aussi avoir à faire à beaucoup plus de règles et de protocoles concernant la création d’assets, les comptes-rendus en review, le workflow en général etc. Mais il s’est avéré, en tout cas dans mon studio actuel, que ce n’était forcément le cas. Employés, leads et superviseurs se côtoient et échangent sans ambiguïtés que ce soit au travail ou au bar et le pipeline, bien qu’étant à une échelle plus grande, n’est pas si différent de celui qu’on avait à l’ESMA.

QU’AS-TU RESSENTI ? COMMENT AS-TU VÉCU CE PASSAGE D’ÉTUDIANT À PROFESSIONNEL DE L’IMAGE ?

L.L. : Je crois que je n’ai toujours pas pris conscience que j’ai une vie professionnelle maintenant. Mais j’étais très contente d’avoir trouvé un travail sur un projet, qui plus est, me plaît.

J.B. : Après avoir vécu avec mes amis et camarades de classe pendant un an dans une même salle, après avoir partagé les joies et les galères c’est toujours triste de voir tout le monde partir vers des horizons différents mais j’attendais vraiment ce moment avec impatience afin d’entamer un nouveau cycle.

QU’EST-CE QUE ÇA FAIT DE TRAVAILLER SUR DES PROJETS PROFESSIONNELS QUI SERONT VISIBLES DU GRAND PUBLIC ?

L.L. : C’est super cool. Il me tarde qu’une chose c’est de pouvoir le montrer à ma famille et mes amis et leur dire « hé hé! c’est moi que l’ai fait ! » Après, ça a un côté un peu stressant aussi quand sur la farm on voit le coût des shots des fois on se dit ah… il va coûter cher celui-là. On essaie de pas avoir à le relancer trop de fois.

J.B. : Travailler sur de tels projets procure une certaine fierté et j’imagine que ce sentiment sera décuplé une fois que je verrais mon nom au générique de fin.

personnages principaux film love is in the haire esma

ET LE CHANGEMENT DE PAYS, CULTURE ?

L.L. : Le changement de pays a été un peu particulier. Pour vivre à Londres il faut être prêt à mal manger et vivre en colocation. Après ça reste un pays en Europe donc le changement de culture n’est pas énorme. Ça à juste été un peu difficile pour des raisons personnelles car mon petit ami vie en Bulgarie et que j’aurais préféré me rapprocher de lui.

J.B. : Etant originaire de la Martinique, je peux dire qu’en arrivant au Canada, le choc fut thermique avant d’être culturel. Aller au travail par -30°C n’a pas été facile au début mais étonnement, on finit par s’y habituer.

APRÈS CES QUELQUES MOIS SORTIS POST-ÉCOLE, QUEL REGARD JETTES-TU EN ARRIÈRE ? SUR TA FORMATION ET L’ESMA ?

L.L. : Je suis contente d’avoir fini l’école. Je pense que l’ESMA nous a formé à être de bons techniciens.

J.B. : Bien avant l’aspect technique de ma formation à L’ESMA, je retiens surtout les valeurs de débrouillardisme, de solidarité et d’entraide. La 4e année a été très formatrice sur ces aspects. J’ai appris à ne pas me cantonner aux cours dispensés et à toujours chercher plus loin car le monde de la 3D est en constante évolution. J’ai également appris qu’aussi grandes soient les difficultés, que ce soit sur une matière ou sur une prod, on est toujours plus à même de les affronter ensemble que tout seul et qu’une promo qui se serre les coudes, qui partage ses compétences et ses ressources avance plus vite et va plus loin.

L’ESMA sait mettre ses élèves en relation avec de grands studios et des professionnels en envoyant ses élèves au festival d’Annecy ou en organisant des conférences au sein de l’école et c’est un atout non-négligeable qui offre de nombreuses opportunités de débuter sa carrière dans l’industrie.

COMMENT S’EST PASSÉE LA PÉRIODE LE COVID-19 POUR TOI ?

L.L. : Le covid s’est bien passé pour le travail. Ça va faire 2 mois, peut-être plus, que je suis en télétravail. J’ai même été renouvelée pendant cette période. Actuellement, le studio est en train de mettre en place un pipeline qui nous permettrait de travailler depuis nos pays d’origine.

extrait court-métrage firmament esma

J.B. : Le COVID a été très bien été géré par le studio qui s’est assuré que chaque employé ait le matériel nécessaire afin de continuer à travailler depuis la maison. Et après quelques semaines nous avons pu constater que le rythme de production n’avait pas été affecté par les événements, en tout cas dans mon département (surfacing).

ET TES PROCHAINS MOIS, OU L’ANNÉE À VENIR, COMMENT TE PROJETTES-TU POUR LA SUITE ?

L.L. : C est un peu dur de se projeter. Pour le moment j’attends de savoir si mon contrat va encore être renouvelé ou pas. En tout cas, que je le sois ou non, mon but est de rentrer en France parce que 2 mois coincée sans voir personne c’est long !

J.B. : Mon contrat étant assez long (2 ans) je compte dans un premier temps aller au bout de celui-ci puis, pourquoi pas, aller travailler dans un studio à Montréal.

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Vous pouvez retrouver les films étudiants de la promo 2019 sur notre chaîne Youtube ESMA MOVIES.

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Vous pouvez lire les autres portraits de la saga :

Mastère Design & Stratégie digitale

Jade ALARY

Mastère Motion Graphics Design

Hugo Guerrero

Ophélie Pozza

Cycle Pro Cinéma d’Animation 3D & Effets Spéciaux

Florian Petiteau & Linda Dussine

Alan Guimont & Laëtitia Caillet