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Julien Gauthier


promotion 2013

Freelance Art Director / Concept Artist

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Après ses études à l’ESMA, Julien Gauthier a beaucoup bourlingué (Londres, Singapour, Vancouver, Sydney) et a progressivement étendu sa palette professionnelle. Après le cinéma d’animation, sa trajectoire a évolué vers le concept art.

Retour sur tes années ESMA

Quel a été ton cursus avant d’intégrer l’Esma ? Et ton parcours à l’Esma ?

J’ai fait un bac S option scientifique, mécanique et électricité. Je m’y suis pris trop tard pour entrer à l’ESMA directement. On m’a alors proposé de faire une année de MANAA à l’IPESAA. Je ne regrette pas ! Ça a été l’occasion d’en apprendre un peu dans différents domaines tels que l’architecture ou le design graphique. Je suis ensuite rentré en première année d’animation 3D à l’ESMA Montpellier.

concept art julien gauthier

Quid de votre ressenti au cours de votre cycle d’études 3D ?

Les études ont été passionnantes ! J’ai beaucoup aimé apprendre à maîtriser tout un tas de domaines de la 3D. A l’époque, je ne savais pas trop ce qui m’attirait le plus. Je pense que c’est toujours bien d’avoir une notion de ce qui se passe dans d’autres départements. D’autres écoles proposent des formations plus courtes et plus spécialisées mais qui n’offrent pas forcément la vision qu’ont les étudiants à leur sortie. Lors de la création du film de fin d’études, les groupes sont formés de telle façon que nos aptitudes sont exploitées au mieux.

Les profs étaient globalement très doués dans leur domaine. Ce fut un plaisir d’apprendre grâce à eux. Il y a des choses qui me reviennent de temps en temps, notamment en dessin, et qui prennent un tout autre sens maintenant que j’ai un peu plus d’expérience.

Pourquoi avoir fait le choix d’intégrer une formation cinéma d’animation 3D ?

Je suis passé par une phase où je voulais faire de la robotique. Mais j’avais ce plaisir à dessiner, ce plaisir de l’informatique, ce plaisir du cinéma. La 3D me permettait de combiner tout ça et de pouvoir mettre en image ce que j’avais en tête et de les voir s’animer.

Comment s’est passée ton immersion professionnelle après la sortie de l’Esma ? Et qu’espérais-tu à la sortie des études ?

Mon premier entretien à MPC a été catastrophique ! Trop de stress combiné à devoir parler anglais m’a tétanisé. J’ai fait deux mois dans une petite boîte avant qu’ils me rappellent (MPC) car un ami avait déjà été embauché chez eux et leur avait rappelé mon existence.

Durant le festival d’Annecy l’année d’avant, durant les études, j’avais laissé ma démo-réel d’étudiant à Illumination Mac Guff. Deux ans plus tard, j’ai reçu un e-mail comme quoi ils étaient intéressés pour m’embaucher. Plus tard, ils m’ont dit que mon profil sortait du lot car je ne faisais pas que de la 3D mais de la peinture aussi. Je montre un intérêt pour l’art plus que les autres, apparemment.

Ton parcours professionnel

Peux-tu nous présenter tes passages dans les différents studios où te as exercé ? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Donc, j’ai passé six ou sept mois à MPC Londres avant de partir sur Paris à Illumination Mac Guff pour travailler sur le film Les Minions. Ça a duré un peu plus d’un an. Après mon passage dans ces deux boîtes, mon intérêt pour le concept art devenait de plus en plus grand. Je voyais ce que le département artistique faisait, que ce soit en VFX à MPC ou en cartoon à Illumination. Mon intérêt grandissant pour ce métier, j’ai profité de mon travail en lighting TD pour développer mes aptitudes en dessin et peinture sur mon temps libre. Je suis reparti à MPC mais cette fois à Vancouver pour quelques mois et finalement à Singapour. A partir de ce moment, je me suis dit que je pouvais prendre le risque de rentrer en France, sans travail, juste pour me concentrer sur m’améliorer et chercher un job en concept art. Au final, cela a juste pris un mois, je me suis vu offrir un poste en tant de Junior concept artist à ILM Londres. C’était surtout grâce au fait que je travaillais dans la boîte juste avant. J’avais envoyé mes travaux du moment à un des art directeurs (Yannick Dusseault) et il l’a fait remonter aux managers. Je lui dois tout !

concept art star wars julien gauthier

concept art jurassic world julien gauthier

Parle-nous des différents projets sur lesquels tu as été amené à travailler dans les différents studios où tu as exercé ?

En tant que lighting TD, j’ai pu travailler sur les Gardiens de la Galaxie, Batman v Superman, The Great Wall et Les Minions. J’ai beaucoup aimé travailler sur ce dernier. L’équipe était top et les films d’animations donnent le sentiment d’avoir un peu plus de liberté artistique.

En concept art, mon premier boulot était la réalisation d’un rêve de gosse, Jurassic World. Je n’arrivais pas à croire que j’étais payé à dessiner des dinosaures. Le sentiment a perduré lorsqu’on m’a assigné des tâches sur Star Wars Rogue One et The Last Jedi. Ma carrière s’est poursuivie au studio d’ILM de Vancouver où j’ai participé notamment à Aquaman, Aladdin, Space Jam 2 et Jungle Cruise, en tant qu’art director. Mon dernier gros projet avant de partir d’ILM a été la série tirée du Seigneur des Anneaux. J’ai passé un peu plus de deux ans dessus. C’est le projet où j’ai été le plus impliqué et dont je suis le plus fier.

Peux-tu nous parler de ton métier ? En quoi consiste-t-il et en quoi te plaît-il ?

Le métier de concept artist permet d’intervenir à plusieurs stades d’une production. C’est ce que j’aime le plus ! C’est versatile (sic). On peut être au tout début d’un projet, quand le film est juste à l’état d’une idée et que le réalisateur veut poser des images dessus et le présenter aux boîtes de production. On aide au développement visuel au début, pour inspirer et avoir une idée de ce que donnera le résultat final. On fait des dessins et peintures pour définir les designs, qui sont ensuite donnés aux techniciens qui dessinent les décors pour être construits. On s’occupe des décors, comme des personnages, créatures ou véhicules. Ça peut être des croquis simples qui donnent les grandes idées comme des illustrations entières.

A ILM, on était impliqué dans les étapes de pré-production (par exemple décider des designs des créatures dans Les Animaux Fantastiques) mais aussi lors de la post-production. C’est-à- dire tout ce qui est effets spéciaux, ce qui est fait après avoir filmé les scènes. On aide les équipes de 3D à aller plus vite en fournissant des visuels et indications sur ce qu’ils doivent faire. On peut peindre directement sur leur rendu pour proposer des alternatives et améliorations. L’avantage c’est qu’on travaille plus vite ce qui permet plus d’itérations. On est en dehors des contraintes de pipeline ce qui nous permet d’être plus créatif. La question de comment on fait se pose généralement après mais on essaie de toujours être raisonnable dans ce qu’on propose.

concept art série le seigneur des anneaux les anneaux du pouvoir julien gauthier

En passant art director, on devient le point référent pour toutes les questions de design et d’image. Comment améliorer telle ou telle scène quand les artistes bloquent ? On dessine beaucoup sur les rendus pour proposer des solutions. On est aussi à la tête d’une équipe de concept artist à qui on assigne des tâches, qu’on dirige et aide à se développer. Pour la série, Seigneur des Anneaux, j’ai écrit toute une bible artistique sur ce qu’on doit ou ne doit pas faire pour garder les éléments d’une ville cohérente. En fournissant dessins et photos références.

Que fais-tu maintenant ?

Après être resté six ans à ILM, j’ai décidé de me mettre à mon compte ce qui me permettra de travailler de n’importe quel endroit et pour n’importe quel client (qui veut bien de moi, haha). J’aime avoir le choix dans les tâches et j’aimerais bien essayer de faire des concept art ou de l’art direction pour du jeu vidéo par exemple. Ou travailler sur des projets plus personnels.

Était-ce un choix de partir dans plusieurs pays ou as-tu répondu à des opportunités ?

Oui, c’est un choix ! Je voulais profiter d’être encore dans ma jeunesse et un peu plus libre au niveau familial pour avoir de multiples expériences et enrichir mon imagination. Maintenant, je parle beaucoup mieux anglais que lors de mon premier entretien d’embauche.

Comment as-tu vécu l’évolution de la 3D / FX depuis ton diplôme ? Et comment vos-tu son évolution dans les années à venir ?

Les outils sont de plus en plus puissants et faciles à utiliser pour avoir des résultats convenables. Je trouve ça bien ! Ça va aider les créateurs. Pour les grosses boîtes, je pense que c’est un problème car de plus en plus de gens ont accès aux techniques et les petites entreprises sont moins limitées par leur nombre d’employés. Les grosses structures mettent du temps à intégrer les techniques qui apparaissent. Il y a beaucoup d’employés, chacun a son opinion, il y a des vétérans trop fiers, c’est difficile de changer.

concept art personnel julien gauthier

Pour conclure

Au cours de tes différents postes, as-tu été amené à travailler avec des anciens de l’Esma ?

Dans le cadre de mon métier, je n’ai pas directement travaillé avec des anciens de l’école. Cependant, J’en croise souvent, ils sont partout ! Je suis content d’avoir été à l’ESMA. Tous les étudiants n’ont pas l’opportunité de réaliser un court métrage lors de leurs études.

Et dans 5 ans, où seras-tu ? Une ambition ultime à moyen ou long terme ?

Ma fiancée est japonaise, on va sûrement s’installer là- bas pour travailler à distance un jour ou l’autre. Mais j’aimerais bien un jour pouvoir réaliser mon propre film ou juste être production designer.


Crédit images : Julien Gauthier. 

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