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Premiers pas dans la vie active – Julie Chapelle et Aurélie Duret


Actualités . 23 Août. 2022

Julie Chapelle et Aurélie Duret ont toutes les deux suivi le cursus Cinéma d’Animation 3D et Effets Spéciaux à Lyon. Elles se sont envolées pour l’Angleterre, l’une chez DNEG et l’autre chez Framestore.

Rencontre avec Julie Chapelle, co-réalisatrice du film Zona, et d’Aurélie Duret, co-réalisatrice du film Miyuki, toutes les deux diplômées de la formation Cinéma d’Animation 3D et Effets Spéciaux. Elles nous racontent leur entrée dans le monde professionnel, toutes les deux recrutées respectivement chez DNEG et Framestore en Angleterre.

COMMENT S’EST PASSÉE TA RECHERCHE D’EMPLOI ?

Julie Chapelle : J’ai beaucoup recherché sur Linkedin et je pense que c’est là où les chargé.es de recrutement se trouvent le plus! Il ne faut pas hésiter à leur envoyer directement un message privé lorsqu’il y a une offre d’emploi qui nous intéresse! Et c’est un super endroit pour se faire un réseau.

J’ai aussi postulé directement sur les sites des studios en répondant à des offres mais aussi en faisant des candidatures spontanées. J’ai fait environ une cinquantaine de demandes, pour quelques 10 ou 15 réponses. Parfois des réponses négatives, quelques-unes positives et le plus souvent sans réponse.

Mais les réponses négatives sont aussi intéressantes car certains studios reprennent contact plus tard dès qu’ils ont un poste à pourvoir.
Finalement, j’ai eu deux entretiens avec deux studios différents qui m’ont acceptée, et j’ai dit oui à DNEG !

Aurélie Duret : La recherche d’emploi a été assez efficace de mon côté. En parallèle, de la fin de production du film de fin d’études (mai/juin), j’ai finalisé ma demoreel de groom/CFX. J’ai fait un listing des studios qui m’intéressaient, j’ai publié ma demoreel en ligne (LinkedIn/Artstation), puis j’ai commencé à envoyer des candidatures. Les réponses n’ont pas tardé à arriver, j’ai même pu avoir quelques offres dans des entreprises dans lesquelles je n’avais pas postulé mais qui avaient vu passer ma démo. J’ai commencé à avoir des entretiens très rapidement, 2 au Canada (Mr.X et Sony Entertainment) et 2 à Londres (Framestore et Passion Picture). Les 4 ont découlé sur une offre et j’ai donc eu la chance de pouvoir choisir le studio qui me correspondait le plus : Framestore !

QUEL EST TON POSTE ACTUEL ET EN QUOI CONSISTENT TES MISSIONS ?

Julie Chapelle : Je travaille actuellement chez DNEG Feature Animation à Londres depuis novembre 2021, en tant que Lighting TD. Après un premier projet pas encore annoncé, je travaille actuellement sur le film Nimona depuis mi-mars. Je fais du shot lighting, rendering et lighting-compositing.

Aurélie Duret : Mon poste actuel est Creature/Character FX technical director. Les missions du CFX sont assez variées, globalement mon travail consiste à créer et utiliser des outils pour simuler le mouvement sur des tissus (habits, peaux) et aussi sur des poils et cheveux sur les divers personnages et créatures. Cela peut permettre de rendre plus vraisemblable un mouvement ou encore d’éviter des interpénétrations entre l’animation et les éléments du décor par exemple.

PEUX-TU NOUS RACONTER TES PREMIERS PAS DANS L’UNIVERS PROFESSIONNEL ?

Julie Chapelle : Après l’obtention de mon diplôme, j’ai continué à chercher un premier emploi en lighting / surfacing. Quelques semaines après les entretiens organisés par l’ESMA en septembre 2021, c’est DNEG qui m’a recontactée pour un second entretien en distanciel.
Deux jours plus tard, j’étais embauchée pour un contrat d’un an à partir de janvier 2022 pour du lighting à Londres. Finalement, ils m’ont proposé de me faire commencer plus tôt avec un deuxième contrat en freelance sur les mois de novembre et décembre 2021.

Aurélie Duret : Après le diplôme tout est allé très vite. J’avais déjà accepté l’offre d’emploi avant la projection du film de fin d’études et j’ai donc dû préparer le déménagement à Londres et tous les documents liés à l’immigration. Depuis le Brexit, les démarches sont bien plus longues et complexes pour aller en Angleterre. Une fois toutes les démarche terminées, j’ai emménagé à Londres et j’ai pu commencer à travailler sur place dans un premier temps (pour découvrir les lieux, les outils et rencontrer quelques collègues également). J’ai suivi 3 semaines de formation pour connaitre les méthodes et les outils de Framestore. Puis j’ai été affectée à mon premier projet en étant accompagnée de mon Buddy (un collègue chargé de m’épauler pour que je ne sois pas perdue dès le début).

COMMENT AS-TU VÉCU CETTE ENTRÉE DANS LE MONDE PROFESSIONNEL ? CELA CORRESPONDAIT À TES ATTENTES ?

Julie Chapelle : Je l’ai très bien vécue, j’ai eu la chance de commencer à DNEG, sur un super projet, avec une très bonne équipe. Je pense que j’ai eu beaucoup de chance et c’était même au-delà de mes attentes. Des projets avec des styles graphiques et des challenges en lighting/compositing très intéressants. D’ailleurs, c’est le style graphique de notre court-métrage Zona qui a attiré leur attention dans ma demoreel, car ça collait bien avec la direction artistique du premier projet sur lequel j’ai commencé à travailler chez DNEG. Actuellement je suis sur mon deuxième projet et je pense qu’à chaque fois c’est une expérience différente qui a de nouvelles choses à nous apporter ! Je crois que le plus étrange, ça a été de faire mon entrée dans le monde professionnel en télétravail. Il ne faut pas hésiter à communiquer, et pas seulement pour poser des questions, mais pour le social avec les collègues, c’est aussi important. Autrement on se retrouve vite seul.e et désemparé.e derrière son écran!

Aurélie Duret : Je dois dire que ça a été un grand bouleversement de mon côté. Je ne savais pas a quoi m’attendre. C’était une première fois pour moi dans un pays étranger et c’était encore en période de COVID. La majorité des employés étaient en télétravail donc je n’avais pas beaucoup de monde sur place pour me guider. Framestore fait de son mieux pour accompagner les nouveaux employés donc ça a été, je pense encore à mon Buddy que j’ai sûrement beaucoup embêté les premières semaines avec mes très nombreuses questions.

TRAVAILLER SUR DES PROJETS PROFESSIONNELS, QU’EST-CE QUE CELA FAIT ?

Julie Chapelle : Cela demande plus de rigueur, de précision et d’efficacité ainsi que de savoir estimer et gérer son temps de travail.
Mais il y a aussi énormément d’entraide, de soutien, on apprend beaucoup chaque jour et écouter les retours sur son boulot et celui des autres améliore notre regard sur l’image.

Aurélie Duret : C’est assez grisant et ça met la pression en même temps ahah ! Je travaille dans le département IA (advertising, series, commercials…) donc j’ai la chance de pouvoir travailler sur de nombreux projets courts. C’est formateur. Après 6 mois, j’entame mon 3e projet, après 2 projets assez courts, je passe sur un projets plus long. J’ai très hâte de voir mon nom au générique de ma première série !

APRÈS CES QUELQUES MOIS POST-ÉCOLE, QUEL REGARD JETTES-TU SUR TA FORMATION À L’ESMA ?

Julie Chapelle : L’ESMA est une très bonne école qui a su m’apporter les compétences nécessaires pour commencer à travailler dans un gros studio. Et même si on ne s’en rend pas forcément compte en tant qu’étudiant.e, pas seulement sur le plan technique. S’adapter, chercher par soi-même, ne pas hésiter à poser des questions, travailler en équipe, gérer son temps de travail, prendre des initiatives, trouver des alternatives, l’entraide.

Quand on arrive dans le monde professionnel, chaque studio et chaque projet demande de s’adapter. Que ce soit les logiciels différents, l’équipe, le pipeline, les conditions de travail…Et je trouve que l’ESMA a très bien su nous préparer à ça, notamment grâce aux films de fin d’études, qui demandent de s’adapter en tout point de vue. Et aussi grâce aux enseignants, qui ne sont pas seulement des professeurs, mais aussi des professionnels avec une expérience de travail en studio, et ça, c’est important.

Quand les gens me demandent quelle école j’ai fait et que je leur réponds : l’ESMA ! Les autres professionnels connaissent et font de très bons retours sur les anciens élèves. J’ai aussi pu croiser rapidement d’autres collègues de l’ESMA dans mon studio et travailler ensemble sur un projet !

Aurélie Duret : Je pense que l’ESMA est une bonne formation. Depuis que je travaille je vois clairement la différence entre les personnes qui ont eu une formation dans une école type ESMA et les personnes qui sont autodidactes ou issues d’une formation moins professionnalisante. Je constate que les studios qui embauchent des juniors sont très surpris du niveau et de la réactivité que nous pouvons avoir après ces 4 années a L’ESMA.

COMMENT TE PROJETTES-TU POUR LA SUITE ?

Julie Chapelle : Mon contrat se terminant en décembre 2022, je n’ai pas encore décidé de ce que je veux faire par la suite. Pour l’instant je veux continuer à travailler dans le domaine du lighting/compositing, c’est ce qui me plaît ! Notamment en Feature Animation car travailler sur des projets stylisés c’est plein de challenges intéressants ! Mais pourquoi ne pas tester le côté VFX un jour ?

Je projette soit de rester encore à DNEG et, pourquoi pas, aller à Montréal et tenter d’autres gros studios. Ou bien trouver un studio en France où l’animation stylisée y est en plein essor ! J’y réfléchis encore, et les possibilités sont vastes !

Aurélie Duret : Je compte terminer mon année chez Framestore. Puis ensuite l’objectif serait de revenir en France pendant quelques années. Je nourris l’espoir de travailler chez Fortiche ou Unit Images. Puis ensuite pourquoi pas tenter le Canada !

Commentaire libre

Aurélie Duret : A tous les élèves de l’ESMA ou les futurs élèves, intéressez vous au CFX ! C’est une spécialisation bien trop sous-cotée et très demandée par les studios. Ce n’est pas très objectif mais je trouve que c’est une des spécialisations les plus intéressantes, pleine de challenges car chaque projet apporte sont lot de surprises et cela évite au métier d’être trop monotone !

 

Crédit images : en alternance, images en provenance des films Zona et Miyuki.